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17 mai 2002
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La Quatrième Internationale 1940-1953

Conclusion

La Quatrième Internationale, fondée par Trotsky, n’existe plus. Elle a été détruite sur le plan politique entre 1948 et 1951, et sur la plan organisationnel, en tant que centre international centraliste démocratique, en 1953. Pour Trotsky, le rôle de l’Internationale était de diriger les masses vers la la révolution.

Elle fut incapable de le faire. Affaiblie, mal-dirigée, l’Internationale survécut à la guerre, mais elle fut en quelque sorte achevée par la paix. La direction, refusant de ré-examiner les bases politiques et les perspectives de l’organisation, était vouée à l’échec. Malheureusement, aucune opposition révolutionnaire n’a surgi en son sein pour la sauver.

Nous savons que les problèmes qui ont touché l’Internationale n’étaient pas insurmontables : par ci et par là, des voix se sont élevées contre la dégénérescence, certains ont eu des bons réflexes. Mais aucune réelle opposition révolutionnaire n’est apparue.

Ainsi, la fragile continuité révolutionnaire fut rompue, et on peut dire que les révolutionnaires et les masses exploitées et opprimées de la terre font toujours les frais de cet échec de la Quatrième Internationale.

Aucune des organisations qui se réclament aujourd’hui du trotskysme ne peut se réclamer l’héritière de la Quatrième Internationale révolutionnaire une continuité sans faille avec l’Internationale révolutionnaire. Le “mouvement trotskyste” ne représente en fait qu’une série d’organisations viciées par la même méthode erronée dont nous avons dressé le bilan dans cette brochure.

Le SUQI, créé en 1963, n’est pas la Quatrième Internationale. Même s’il rassemblait une partie importante de la direction d’après guerre (Pablo, Mandel, Frank, Cannon), son fédéralisme et son refus explicite de tout centralisme démocratique en font une caricature de l’Internationale dégénérée en 1951-1953.

Que faut-il faire aujourd’hui, alors? Pour nous, la question fondamentale est celle du programme. Un demi-siècle a passé depuis que Trotsky a écrit le Programme de Transition. Les principales organisations qui se réclament du trotskysme sont des organisations centristes, fonctionnant selon l’une des méthodes établies depuis 1948. Les erreurs sont les mêmes; seul l’objet de l’adaptation change.

Il faut réélaborer le programme révolutionnaire, le mettre en oeuvre, et reconstruire une Internationale léniniste-trotskyste, une Internationale Communiste Révolutionnaire. Nous avons un programme, le Manifeste Trotskyste, que nous considérons comme le point de départ pour la construction d’une nouvelle Internationale léniniste-trotskyste.

Que cette organisation s’appelle la Quatrième ou la Cinquième Internationale ne doit pas être une question de principe : la question-clé est celle du programme.

Depuis 1951, le drapeau de la Quatrième Internationale a été traîné dans la boue par le centrisme. La grande majorité de ceux qui aujourd’hui maintiennent l’ancien drapeau de la Quatrième Internationale le font parce qu’ils croient à une “continuité” avec la Quatrième Internationale de Trotsky. Ils refusent de reconnaître la politique centriste de tous les fragments de la QI après 1951. Ils ne rompent pas avec le centrisme, et vont répéter ses erreurs. (1)

Nous ne refusons pas la possibilité que, sous l’impact de la lutte des classes et de l’intervention active d’une tendance internationale trotskyste, les formations centristes qui se réclament de la Quatrième Internationale puissent être brisées et que des pans entiers de leurs militants soient gagnés au communisme révolutionnaire et au programme de transition réélaboré.

Ceci pourrait permettre un regroupement principiel sous le drapeau d’une Quatrième Internationale reconstruite sur les plans organisationnel et politique.

Mais nous ne rejetons pas non plus la possibilité d’une Internationale refondée qui déclare être la Cinquième Internationale, se positionnant ainsi dans la tradition révolutionnaire des quatres premières Internationales révolutionnaires passées. Cette question sera tranchée lors des combats à venir.

L’un des combats à mener est celui pour une compréhension honnête de ce qui se passa dans l’Internationale, l’origine des scissions, et les limites de la compréhension politique des uns et des autres.

C’est la raison pour laquelle nous avons produit cette analyse : non pour jouer aux historiens mais pour contribuer à la création d’un nouveau parti mondial de la révolution socialiste, d’une nouvelle Internationale communiste révolutionnaire.



NOTES
1 Lisez nos articles sur les autres grandes tendances se reclamant du trotskysme. Cliquez ici.



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La Quatrième Internationale 1940-1953
(33 pages web)

Préface

La QI et la guerre

La direction de la QI pendant la guerre

Les trotskystes français et la guerre

Le SWP (US) et la guerre

La question démocratique et la guerre

La conférence de 1946

Le SWP (US) après la guerre


La direction internationale après la guerre

La section française 1946-48

La section britannique 1946-1948

1948 : le IIe Congrès

Le IIe Congrès et le stalinisme

La crise Yougoslave

La nature de la Yougoslavie

1949 : l'Internationale tourne à droite

L’Internationale et l’Europe de l’Est

L’Internationale et la Chine

La révolution chinoise

La guerre de Corée

Le SWP (US) et la guerre de Corée

1951 : Un changement de perspectives

“Où allons-nous?”

"Où va Pablo?"

1951 : Crise en France

1951 : le IIIe Congrès

L’entrisme “sui generis”

La scission au sein du PCI français

La lutte au sein du SWP (US)


Pablo et Healy

La révolution bolivienne

1953 : La scission de l'Internationale

Cannon, le SWP et l’Internationale

Conclusion