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3 décembre 2000
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Vive l’intifada ! A bas le sionisme !

La nouvelle Intifada entame son troisième mois de résistance contre l’agresseur israélien. On compte déjà des centaines de morts et des milliers de blessés dans le camp palestinien dont une majorité de jeunes, les Chebabs, qui résistent héroïquement avec leurs frondes et leurs pierres contre les chars et les balles traçantes de l’armée sioniste.

L’Etat sioniste s’est lancé dans une véritable guerre d’anéantissement de la résistance palestinienne à travers les exécutions préméditées de dirigeants du soulèvement et de dirigeants militaires des milices d’autodéfense, les Tanzim.

La guerre à outrance que mènent les militaires israéliens contre la population civile à travers les bombardements de Gaza montre clairement la politique raciste d’Israël pour qui tous les Arabes sont des "terroristes" en puissance. A cela il faut ajouter l’asphyxie économique dont sont victimes les habitants des territoires occupés à travers le bouclage des frontières par l’Etat sioniste.

Cependant, la résistance palestinienne est loin d’être vaincue et on assiste à une radicalisation du mouvement dirigé aujourd’hui clairement non pas par Arafat et sa clique mais par les organisations qui ont rejeté l’accord de Charm-el-Cheikh et le processus de paix voulu par les impérialistes.

Aujourd’hui, il semble clair que les Palestiniens ne veulent plus être abusés par des processus de paix trompeurs. Après plus de sept ans de palabres inutiles avec des interlocuteurs qui n’ont de cesse de coloniser la Palestine et d’exterminer sa population, aucun des maigres engagements vers la constitution d’un véritable Etat palestinien n’a été tenu.

Les différents premiers ministres israéliens n’ont fait que louvoyer pour accorder toujours moins que ce qui avait été prévu initialement.

Les colonies d’implantation n’ont cessé de s’étendre, les réfugiés palestiniens sont toujours privés de leur droit au retour sur leurs terres, et l’Autorité Palestinienne ne contrôle pleinement que 4% de la Cisjordanie.

Cet échec du processus de paix, initié par l’impérialisme américain pour appuyer politiquement son chien de garde israélien, est consommé. Arafat, l’homme de ce processus, est marginalisé politiquement, y compris dans son propre parti le Fatah. Ce sont aujourd’hui les dirigeants de la résistance armée qui conduisent le soulèvement.

Même les responsables palestiniens de la police et des services de sécurité, pourtant jusque là inféodés au processus de paix, se sont ralliés au soulèvement. Ainsi Khamis Mahmoud, directeur adjoint de la ville de Gaza affirme qu’"Israël a franchi un point de non-retour. Ce ne sont pas seulement nos locaux qui ont été détruits mais toutes nos relations. Et le processus de paix. Chaque officier, chaque homme de la sécurité préventive a désormais le devoir de s’attaquer aux Israëliens quand il en a la possibilité."

Arafat quant à lui essaye de reprendre l’initiative politique en faveur d’un nouveau plan de paix qui serait aujourd’hui, purement et simplement une trahison ouverte de la lutte du peuple palestinien. Ainsi, les gesticulations diplomatiques du leader palestinien afin de convaincre l’ONU de l’envoi d’observateurs militaires internationaux, sans armes, dans les territoires occupés pour enquêter sur les exactions israéliennes, sont une impasse politique majeure.

Premièrement, cela conduirait les Palestiniens à devoir accepter une trêve militaire qui donnerait du temps à l’Etat hébreu pour refaire la différence sur le terrain, en redeployant en toute tranquillité l’ensemble de son dispositif militaire.

Deuxièmement, ce serait la possibilité donnée aux impérialistes de sauver leur allié sioniste avec l’établissement d’un nouveau plan de paix alors qu’il apparaît chaque jour plus clairement que l’Etat d’Israël est un Etat raciste et militaire dont la fonction est d’être l’instrument de l’impérialisme au Moyen-Orient.

Enfin, il y a fort à parier que les fonctions de ces observateurs militaires internationaux seraient de démanteler la résistance armée palestinienne, en faisant la chasse aux activistes, en réclamant le désarmement des milices d’autodéfense et en livrant les dirigeants du mouvement à Arafat et ses hommes.

Ehud Barak n’a pas réussi à faire l’union sacrée autour de lui. Il est de plus en plus isolé dans sa conduite des opérations militaires qui ont déclenché une série d’attentats sur le territoire même d’Israël.

Les colons sionistes et l’extrême-droite, alliés au Likoud d’Ariel Sharon, réclament une guerre à outrance contre les Palestiniens et un gouvernement fort pour appliquer cette politique.

Il est dramatique de constater qu’actuellement cette option est partagée par une grande majorité du peuple israélien qui se range ainsi massivement du côté de sa propre bourgeoisie.

La droite israëlienne, liée aux secteurs de l’armée les plus réactionnaires est favorable à cette option pour une raison principale : s’ils n’arrivent pas à écraser les Palestiniens par une vaste campagne militaire du type de celle du Liban en 1982, ils risquent de se trouver confrontés à une vague de guérilla sur leur territoire - ce qu’ils craignent par dessus tout - et à un embrasement du conflit dans les pays arabes voisins.

Déjà dans les grandes capitales arabes, des milliers de manifestants s’en prennent aux intérêts sionistes, des diplomates ont été la cible d’attentats, l’Egypte et la Jordanie ont rappelé leurs ambassadeurs.

La Syrie et le Liban sont pour l’instant silencieux mais ils représentent un danger potentiel pour Israël. Malgré sa supériorité aérienne, l’armée sioniste serait bien en peine de repousser des offensives conjointes à ses frontières nord comme en atteste le retrait pitoyable de ses supplétifs de l’Armée du Liban-Sud au printemps face aux combattants de la résistance libanaise. De plus, les Palestiniens bénéficient d’un avantage numérique. En cas d’extension, des milliers de volontaires iraient se battre contre l’occupation israëlienne. Dans ce profil de guerre asymétrique, les stratégies militaires apprises dans les écoles de Tsahal ne seraient d’aucun secours.

D’où la politique de guerre totale prônée par les sionistes les plus radicaux et les attaques de l’armée israëlienne contre les combattants du Fatah et du FPLP, fers de lance de l’Intifada.

Le mouvement palestinien n’est pas dirigé par les réactionnaires islamistes. C’est un mensonge éhonté de la part des impérialistes et de leurs médias bourgeois pour effrayer les opinions publiques et empêcher un soutien de masse à l’Intifada.

Les nationalistes laïques de gauche du Fatah, et ceux se revendiquant du marxisme comme le FPLP, dirigent le mouvement.

Malgré toutes leurs faiblesses programmatiques et les critiques que nous formulons à ces courants, nous les soutenons dans leur juste lutte contre l’occupant raciste israélien.

Ces groupes essayent de structurer l’Intifada en une véritable insurrection populaire, à travers des comités de résistance et des milices d’autodéfense. Mais il faut aller au-delà de ces tentatives en construisant des comités populaires dans les camps, les quartiers et les entreprises.

Il faut mettre les Tanzim sous le contrôle de ces comités, pour que la population dirige le soulèvement. Dans les territoires occupés et en Israël, les travailleurs arabes doivent déclarer une grève générale afin d’appuyer l’Intifada et commencer à faire pression sur l’Etat sioniste.

Enfin, il faut clairement reconnaître que toute déclaration d’un "Etat palestinien" ne serait qu’un leurre si l’Etat sioniste continue à exister. Le maintien d’Israël et le droit des Palestiniens à l’autodétermination sont tout simplement incompatibles.

Il faut donc renoncer aux accords d’Oslo et de Wye, et il faut rejeter tout retour au "processus de paix" voulu par les impérialistes. Il faut refuser de reconnaître le droit d’Israël d’exister, et imposer le droit de retour des millions de Palestiniens chassés de leurs terres par les colons sionistes depuis 1947.

Une telle politique représenterait une rupture radicale non seulement avec la direction autour d’Arafat, mais également avec la politique avancée par d’autres ailes du mouvement palestinien.

Ce n’est pas seulement avec les compromis effectués depuis les accords d’Oslo qu’il faut rompre, mais avec toute la stratégie du nationalisme petit-bourgeois qui constitue le fonds de commerce de toutes les ailes du mouvement palestinien.

La seule solution viable à la crise actuelle n’est pas la simple existence d’un Etat palestinien, croupion et écrasé par l’impérialisme et le sionisme, mais le lancement d’une révolution ouvrière en Israël et dans les pays arabes, avec comme objectif la création d’une Palestine ouvrière, donc par définition démocratique et laïque, au sein d’une fédération socialiste du Moyen Orient.

Intifada jusqu’à la victoire !

Troupes sionistes hors de Palestine !

A bas l’Etat d’Israël raciste et assassin !



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