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31 juillet 2001
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Déclaration sur la mort de Carlo Giuliani


Carlo Giuliani, 23 ans, est mort dans les rues de sa ville, où il manifestait contre le G8 et le capitalisme mondial. Il a été touché en pleine tête par un carabiniere. Achevant leur besogne meurtrière, les flics l’ont ensuite écrasé avec leur voiture.

Le gouvernement italien a déclaré que les meurtriers pourraient être inculpés d’ homicide involontaire. Les photos prises par un photographe de l’agence Reuters, largement reproduites par la presse mondiale, montrent clairement que le gouvernement ment : il s’agissait d’un assassinat.

Les actions de la police le jour de la mort de Carlo et le lendemain - gaz lacrymogène, charges contre des manifestants pacifiques - montrent que la stratégie générale était de provoquer, puis de réprimer violemment une énorme manifestation populaire. Lorsque les dirigeants du G8 et les reporters parlent de la prétendue violence des manifestants, c’est tout simplement dégoûtant.

Partout dans le monde, sur tous les continents, des militants ont protesté contre cet assassinat.

Quoiqu’il arrive à l’assassin de Carlo Giuliani, on peut s’attendre à ce que la justice de la classe dirigeante fasse son tout pour celui qui “ne faisait que son devoir”, et que les véritables organisateurs de la répression échappent à la justice - au moins tant que leur système continue !

En fait, ce sont les dirigeants du G8 qui en sont responsables. Les sept dirigeants des principales puissances impérialistes, plus le Boucher de la Tchétchénie, se connaissent en matière de meurtre - en Serbie, en Iraq, en Colombie. N’oublions pas que six d’entre eux avaient presque abouti à un événement aussi tragique, il y a deux mois, à Gothenburg.

Avant Gênes, ils avaient déployé toute la panoplie de la force de l’Etat afin d’intimider et de bloquer ceux qui voulaient se rendre à Gênes, venant d’Italie et de tous les pays d’Europe à ce qu’on s’attendait être une série de manifestations de masse, pacifiques.

La réponse des dirigeants du G8 a été de fermer un secteur important de la ville et de déclarer illégale toute manifestation sur un secteur encore plus large. C’est-à-dire qu’ils ont rendu les manifestants vulnérables à l’attaque des 20 000 policiers qui occupaient la ville. De plus, il y a des preuves qu’ils se sont servis d’agents provocateurs qui ont commencé les incendies et les actes de vandalisme.

En tant que révolutionnaires, nous ne sommes pas des pacifistes, mais nous ne fétichisons pas non plus les combats de rue en toute circonstance. Nous sommes en faveur de l’autodéfense contre les attaques de l’Etat.

A Gênes, nous avions la possibilité réelle de forger des liens avec des travailleurs italiens, qui doivent faire face au gouvernement de Berlusconi qui veut attaquer leurs acquis sociaux. Nous avons réussi, mais seulement en partie. Partout en Europe, nous devons forger des liens encore plus forts avec le mouvement ouvrier.

Pour ce faire, il faudrait une meilleure organisation de défense des manifestations de masse, et leur protection contre des provocations, qu’elles viennent de la police ou des anarchistes ou autonomes qui s’intéressent seulement à la destruction de la propriété et aux combats de rue avec la police.

Pour cette raison, un bon service d’ordre - basé sur des groupes de défense formés - est essentiel. Certes, il faut un nombre important de militants, mais avant tout ils doivent être organisés.

Les dirigeants de la planète ont clairement donné l’ordre à la police et aux forces paramilitaires d’écraser les mobilisations anticapitalistes. Voici la leçon de Gothenburg. Voici la leçon de Gênes.

Mais s’ils pensent qu’ils peuvent nous stopper par la répression policière, ils se trompent. A Gênes, plus de militants ont manifesté dans la rue pendant plus de temps que dans toute manifestation antérieure.

Des militants italiens - travailleurs et jeunes - étaient présent en nombre important. Nous devons continuer à construire, à grandir et à faire passer le message. Partout dans le monde, des millions de personnes sont dégoûtées par l’arrogance et les inégalités outrancières du système dirigé par le G8. Ces militants constituent la base d’une future explosion sociale contre ce système.

A Gênes, nous avons fait peur à cette bande de voleurs, mais ils ont tué l’un de nos camarades.

Les médias parlent du “premier martyr” du mouvement anticapitaliste. C’est vrai, mais seulement à condition de limiter sa vision à l’Europe et à l’Amérique du Nord. En Amérique latine, plusieurs militants ont été tués lors des manifestations contre la politique d’austérité et de privatisations imposée par le FMI.

Nous n’avons pas besoin de martyrs, mais nous rendons honneur à tous ceux qui tombent en combattant les forces de l’oppression, de l’exploitation et du racisme.

Nous exprimons nos condoléances les plus profondes à la famille, aux amis et aux camarades de Carlo. Nous promettons que nous garderons vivante sa mémoire dans les luttes du mouvement anticapitaliste.

Carlo - nous te promettons que ta mort ne sera pas vaine. Ton courage, tes idéaux, ton nom, nous accompagneront dans les luttes à venir.

Tu vivras dans les centaines de milliers qui aujourd’hui se mobilisent contre le capitalisme mondial, et les millions que nous mobiliserons demain.

Des militants de la LICR à Gênes, juillet 2001


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