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11 novembre 2001
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Non à la mondialisation, non à la guerre !

Le 11 septembre, des terroristes ont détruit le World Trade Center, tuant des milliers de civils sous le regard de millions de téléspectateurs. Aussitôt, journalistes et politiciens ont cherché à généraliser le changement qu’ils percevaient dans la situation mondiale (« Rien ne sera plus comme avant »), et ont annoncé la fin du mouvement anti-mondialisation. Ils se trompent, et pour plusieurs raisons.

Loin d’être dépassé par les événements, ou d’être devenu soudainement caduc, le mouvement anti-mondialisation est plus que jamais d’actualité et plus que jamais nécessaire.


Militants

Comme le montre la journée d’action internationale contre l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), organisée le 10 novembre, les capitalistes et leurs instances non-elues n’ont pas renoncé à imposer leur mondialisation et sont toujours là... et les militants anti-mondialisation aussi !

Et pour cause : vu le tournant vers la récession pris par l’économie mondiale (tournant déjà annoncé avant le 11 septembre), l’intervention des puissances impérialistes en faveur du profit et au détriment des peuples va se renforcer.

Plus leur système est menacé par ses propres contradictions (après tout, qui est responsable de la récession actuelle?), plus les impérialistes et leurs instruments — les banques, le FMI, l’OMC — feront leur maximum pour protéger leurs profits, même si cela doit avoir des effets catastrophiques sur l’économie et la culture et toucher des centaines de millions de personnes.

Pour mettre fin à cette offensive en faveur du capital, les travailleurs, les jeunes et les paysans pauvres de la planète vont devoir agir, manifester, et lutter, sur tous les fronts et par tous les moyens.

Cela aura des conséquences importantes dans la lutte des classes, et devrait nous conduire à modifier sur plusieurs points notre manière de lutter.


Entreprise

De nombreuses luttes récentes n’ont-elles pas été provoques par des délocalisations ? Quelle est la riposte la plus efficace : rester cantonné dans sa propre entreprise, ou aller exiger la solidarité des travailleurs de toute la branche, y compris dans d’autres pays ?

Si les capitalistes cherchent à renforcer l’internationalisation de leur économie, nous devons faire pareil pour nos luttes. L’intégration européenne nous a déjà montré la voie. Un certain nombre d’euro-grèves ont déjà eu lieu, en particulier dans les chemins de fer, parce que les travailleurs se trouvent face à la même politique anti-ouvrière.

A l’intégration de l’économie capitaliste européenne, la classe ouvrière doit opposer un front continental, basé sur un mouvement ouvrier revitalisé, avec des syndicats de masse, réellement démocratiques et nettoyés de leurs appareils bureaucratiques.

Mais, il faut le reconnaître, le monde a bel et bien changé depuis le 11 septembre.

La mondialisation, qui jusque là n’apparaissait que sous sa forme économique, a troqué ses costumes trois pièces néo-libéraux pour le treillis militaire.

La guerre n’étant que la continuation de la politique par d’autres moyens, nous voyons là le lien entre « la guerre contre le terrorisme » menée par les USA avec l’appui des principaux pays impérialistes, dont la France, et la terreur économique que mène chaque jour les puissances impérialistes dans les pays du « tiers monde ».


Attaque

En menant l’attaque contre l’Afghanistan, les buts des impérialistes sont simples : renforcer leur domination jusque là incontestée sur toute la planète. Pour cela, ils sont prêts à détruire vies et villes, à bafouer les droits démocratiques et à balayer toute opposition — « Celui qui n’est pas avec nous est contre nous » dixit Bush.

Les conséquences de cette guerre seront inimaginables : l’Afghanistan qui a subi plus de vingt ans de guerre civile, doit aujourd’hui affronter la pire sécheresse depuis ces dix dernières années, les femmes vivent sous le joug quotidien du régime islamique le plus rigide au monde, il y a 2.5 millions de réfugiés au Pakistan, un million en Iran et 300000 au Tadjikistan, ses infrastructures sont quasi inexistantes.


Bombardements

Dans ce contexte, de nouveaux bombardements et de nouvelles incursions impérialistes ne peuvent qu’entraîner un autre exode de population que les ONG évaluent à environ un million de réfugiés. Personne ne peut se laisser berner par « l’aide humanitaire » qui et censée « accompagner » les bombardements de Bush, Blair et leurs alliés.

L’inégalité, l’oppression et la répression créées par la mondialisation capitaliste vont être maintes fois renforcées par la guerre actuelle, encore plus si l’impérialisme en sort victorieux. Pour cette raison, la lutte contre la mondialisation capitaliste doit aussi devenir une lutte contre la guerre impérialiste.

Cette convergence des luttes doit se faire de plusieurs manières.

D’abord, lors des actions prévues contre la mondialisation capitaliste — que ce soit le 10 novembre contre l’OMC ou les 13-15 décembre à Bruxelles contre le sommet européen, à commencer par la manifestation syndicale du 13 décembre — il faut soulever la question de la guerre et mobiliser jeunes et travailleurs pour qu’ils manifestent contre la mondialisation capitaliste et contre son dernier pendant militaire, l’attaque meurtrière contre l’Afghanistan.

Ensuite, lors des mobilisations contre la guerre, il ne faut pas seulement dénoncer l’agression des USA et de leurs alliés impérialistes, et la complicité de Chirac et Jospin, il faut aussi montrer les liens entre leur politique d’appui à Bush et l’exploitation que la France impérialiste exerce sur les pays du « tiers monde », les liens entre la répression raciste et anti-jeunes du plan Vigipirate et de la nouvelle loi sur la sécurité et le refus de la « forteresse Europe » de laisser entrer les sans-papiers et demandeurs d’asile.

Leur système militaire et économique est devenu un ensemble, un bloc : notre opposition à ce système doit aussi se doter des mêmes moyens.

Enfin, en temps de guerre, la pression de l’union sacrée se fait sentir. Patrons et politiques demandent aux travailleurs de renoncer à leurs revendications, au nom de « la nation » ou, en l’occurrence, de « la guerre contre le terrorisme ».

Pour le moment, ces appels n’ont pas été entendus et, par exemple, le 16 octobre, les travailleurs du secteur public ont poursuivi leur action.

Mais il ne faut pas se tromper : si la France s’engageait davantage dans la guerre, si « nos gars » entraient en action, on peut être sûr que la pression s’accentuerait.

Même ceux de nos dirigeants qui se disent contre la guerre auraient tendance à oublier leurs premières déclarations.

En temps de guerre, il y a encore plus de raison de protester contre l’ordre des choses, contre un monde où les puissants écrasent les pauvres, où l’impérialisme, qu’il soit américain ou français, fait régner l’ordre du fric.
Dans les semaines et les mois qui viennent, il faut oeuvrer pour que le mouvement contre la guerre impérialiste devienne de plus en plus important.

Il faut que lors des manifestations du 17 novembre en France et des 14 et 15 décembre à Bruxelles (après la grande manifestation syndicale du 13) des centaines de milliers de militants, à commencer par les jeunes, soient mobilisés et montrent à Chirac, Jospin et à tous ceux qui, comme le PCF, refusent de se désolidariser de ce gouvernement complice des attaques contre l’Afghanistan qui a déjà envoyé 2000 soldats et marins participer à la guerre, qu’il faut arrêter immédiatement les bombardements.   


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