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Non à la mondialisation, non à la guerre !
Le 11 septembre, des terroristes ont détruit le World Trade Center, tuant des milliers de civils sous le regard de millions de téléspectateurs. Aussitôt, journalistes et politiciens ont cherché à généraliser le changement quils percevaient dans la situation mondiale (« Rien ne sera plus comme avant »), et ont annoncé la fin du mouvement anti-mondialisation. Ils se trompent, et pour plusieurs raisons.
Loin dêtre dépassé par les événements, ou dêtre devenu soudainement caduc, le mouvement anti-mondialisation est plus que jamais dactualité et plus que jamais nécessaire.
Militants
Comme le montre la journée daction internationale contre lOrganisation Mondiale du Commerce (OMC), organisée le 10 novembre, les capitalistes et leurs instances non-elues nont pas renoncé à imposer leur mondialisation et sont toujours là... et les militants anti-mondialisation aussi !
Et pour cause : vu le tournant vers la récession pris par léconomie mondiale (tournant déjà annoncé avant le 11 septembre), lintervention des puissances impérialistes en faveur du profit et au détriment des peuples va se renforcer.
Plus leur système est menacé par ses propres contradictions (après tout, qui est responsable de la récession actuelle?), plus les impérialistes et leurs instruments les banques, le FMI, lOMC feront leur maximum pour protéger leurs profits, même si cela doit avoir des effets catastrophiques sur léconomie et la culture et toucher des centaines de millions de personnes.
Pour mettre fin à cette offensive en faveur du capital, les travailleurs, les jeunes et les paysans pauvres de la planète vont devoir agir, manifester, et lutter, sur tous les fronts et par tous les moyens.
Cela aura des conséquences importantes dans la lutte des classes, et devrait nous conduire à modifier sur plusieurs points notre manière de lutter.
Entreprise
De nombreuses luttes récentes nont-elles pas été provoques par des délocalisations ? Quelle est la riposte la plus efficace : rester cantonné dans sa propre entreprise, ou aller exiger la solidarité des travailleurs de toute la branche, y compris dans dautres pays ?
Si les capitalistes cherchent à renforcer linternationalisation de leur économie, nous devons faire pareil pour nos luttes. Lintégration européenne nous a déjà montré la voie. Un certain nombre deuro-grèves ont déjà eu lieu, en particulier dans les chemins de fer, parce que les travailleurs se trouvent face à la même politique anti-ouvrière.
A lintégration de léconomie capitaliste européenne, la classe ouvrière doit opposer un front continental, basé sur un mouvement ouvrier revitalisé, avec des syndicats de masse, réellement démocratiques et nettoyés de leurs appareils bureaucratiques.
Mais, il faut le reconnaître, le monde a bel et bien changé depuis le 11 septembre.
La mondialisation, qui jusque là napparaissait que sous sa forme économique, a troqué ses costumes trois pièces néo-libéraux pour le treillis militaire.
La guerre nétant que la continuation de la politique par dautres moyens, nous voyons là le lien entre « la guerre contre le terrorisme » menée par les USA avec lappui des principaux pays impérialistes, dont la France, et la terreur économique que mène chaque jour les puissances impérialistes dans les pays du « tiers monde ».
Attaque
En menant lattaque contre lAfghanistan, les buts des impérialistes sont simples : renforcer leur domination jusque là incontestée sur toute la planète. Pour cela, ils sont prêts à détruire vies et villes, à bafouer les droits démocratiques et à balayer toute opposition « Celui qui nest pas avec nous est contre nous » dixit Bush.
Les conséquences de cette guerre seront inimaginables : lAfghanistan qui a subi plus de vingt ans de guerre civile, doit aujourdhui affronter la pire sécheresse depuis ces dix dernières années, les femmes vivent sous le joug quotidien du régime islamique le plus rigide au monde, il y a 2.5 millions de réfugiés au Pakistan, un million en Iran et 300000 au Tadjikistan, ses infrastructures sont quasi inexistantes.
Bombardements
Dans ce contexte, de nouveaux bombardements et de nouvelles incursions impérialistes ne peuvent quentraîner un autre exode de population que les ONG évaluent à environ un million de réfugiés. Personne ne peut se laisser berner par « laide humanitaire » qui et censée « accompagner » les bombardements de Bush, Blair et leurs alliés.
Linégalité, loppression et la répression créées par la mondialisation capitaliste vont être maintes fois renforcées par la guerre actuelle, encore plus si limpérialisme en sort victorieux. Pour cette raison, la lutte contre la mondialisation capitaliste doit aussi devenir une lutte contre la guerre impérialiste.
Cette convergence des luttes doit se faire de plusieurs manières.
Dabord, lors des actions prévues contre la mondialisation capitaliste que ce soit le 10 novembre contre lOMC ou les 13-15 décembre à Bruxelles contre le sommet européen, à commencer par la manifestation syndicale du 13 décembre il faut soulever la question de la guerre et mobiliser jeunes et travailleurs pour quils manifestent contre la mondialisation capitaliste et contre son dernier pendant militaire, lattaque meurtrière contre lAfghanistan.
Ensuite, lors des mobilisations contre la guerre, il ne faut pas seulement dénoncer lagression des USA et de leurs alliés impérialistes, et la complicité de Chirac et Jospin, il faut aussi montrer les liens entre leur politique dappui à Bush et lexploitation que la France impérialiste exerce sur les pays du « tiers monde », les liens entre la répression raciste et anti-jeunes du plan Vigipirate et de la nouvelle loi sur la sécurité et le refus de la « forteresse Europe » de laisser entrer les sans-papiers et demandeurs dasile.
Leur système militaire et économique est devenu un ensemble, un bloc : notre opposition à ce système doit aussi se doter des mêmes moyens.
Enfin, en temps de guerre, la pression de lunion sacrée se fait sentir. Patrons et politiques demandent aux travailleurs de renoncer à leurs revendications, au nom de « la nation » ou, en loccurrence, de « la guerre contre le terrorisme ».
Pour le moment, ces appels nont pas été entendus et, par exemple, le 16 octobre, les travailleurs du secteur public ont poursuivi leur action.
Mais il ne faut pas se tromper : si la France sengageait davantage dans la guerre, si « nos gars » entraient en action, on peut être sûr que la pression saccentuerait.
Même ceux de nos dirigeants qui se disent contre la guerre auraient tendance à oublier leurs premières déclarations.
En temps de guerre, il y a encore plus de raison de protester contre lordre des choses, contre un monde où les puissants écrasent les pauvres, où limpérialisme, quil soit américain ou français, fait régner lordre du fric.
Dans les semaines et les mois qui viennent, il faut oeuvrer pour que le mouvement contre la guerre impérialiste devienne de plus en plus important.
Il faut que lors des manifestations du 17 novembre en France et des 14 et 15 décembre à Bruxelles (après la grande manifestation syndicale du 13) des centaines de milliers de militants, à commencer par les jeunes, soient mobilisés et montrent à Chirac, Jospin et à tous ceux qui, comme le PCF, refusent de se désolidariser de ce gouvernement complice des attaques contre lAfghanistan qui a déjà envoyé 2000 soldats et marins participer à la guerre, quil faut arrêter immédiatement les bombardements.
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