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Tous ensemble contre la guerre !
Depuis les manifestations qui ont suivi le lancement de la guerre contre lAfghanistan au début du mois du mois doctobre, il y a eu peu de protestations contre la guerre en France. En fait, depuis un mois, si lon excepte la sempiternelle pétition des intellos, le mouvement sest distingué par son silence. Le 17 novembre, journée daction nationale, nous offre la possibilité de faire sortir le mouvement anti-guerre de son impasse actuelle. Encore faut-il savoir quel type de mouvement il faut construire et comment.
A cet égard, on peut apprendre de ce qui se passe en Grande-Bretagne et en Italie. Dans ces deux pays, des dizaines de milliers de manifestants anti-guerre sont descendus dans la rue et un mouvement puissant se dessine.
Avant même que les frappes ne commencent, 3000 personnes sétaient rassemblées à Londres pour lancer une coalition anti-guerre. Depuis, des comités locaux anti-guerre ont surgi et des manifestations ont eu lieu dans un grand nombre de villes qui, habituellement, ne connaissent pas la contestation.
Malheureusement, à Paris, aucune organisation na organisé une grande réunion publique pour sopposer à la propagande pro-guerre quon nous fait avaler chaque jour.
Il en va de même dans la plupart des villes. Peu de comités anti-guerre ont été crées, et encore moins ont une vie réelle.
Pourquoi ce manque de mobilisations en France contre des bombardements sauvages qui frappent un peuple déjà ravagé par des années de guerre civile?
Certes, le gouvernement français na pas accordé son soutien inconditionnel à Bush dans sa croisade contre Ben Laden, comme la fait Blair. Dautre part en Grande-Bretagne les élections se sont déjà déroulées, alors quen France elles doivent avoir lieu dans sept mois et elles focalisent lattention de toutes les organisations, y compris lextrême gauche.
Mais, même si larmée nest française pas actuellement aussi impliquée que celle de Sa Majesté, 2000 soldats et marins français sont déjà déployés et les avions français sont bel et bien utilisés lors des missions de reconnaissance. Le gouvernement, malgré ses réticences (qui découle de son souci de ne pas déstabiliser les pays arabes), participe aux attaques contre lAfghanistan.
Pourtant, des tensions existent au sein du gouvernement. Les Verts se sont prononcés contre la guerre.
Le PCF, pour sa part, sest contenté dappeler à un scrutin parlementaire pour ratifier la position de la France, et a fait des bruits en faveur dune « solution » de lONU.
Mais il est évident que les militants PCF ne sont pas à laise avec la position de la direction, qui refuse de sopposer clairement à lagression des USA et de leurs alliés impérialistes.
Dans ce contexte, la tâche de lheure est de sappuyer sur ces contradictions et de lancer un mouvement anti-guerre capable de mobiliser tous ceux qui veulent sopposer au massacre du peuple afghan et mettre fin à la guerre.
Ce quil nous faut ce nest pas uniquement quelques comités anti-guerre qui ne rassemblent que les militants habituels, troquant leur casquette politique pour une casquette anti-guerre (même si cela serait un début !)
Au contraire, la nature de cette guerre, et sa longueur probable, exigent le lancement de comités démocratiques, ouverts à tous ceux qui disent « halte à la guerre », dynamiques, cherchant à informer les travailleurs et les jeunes sur les vraies raisons de la guerre et à construire un mouvement anti-guerre de masse, capable de mettre fin aux plans de Jospin et de Chirac.
Une telle campagne changerait profondément la donne, à la fois pour le peuple afghan, qui sentirait la solidarité internationaliste comme une preuve que toutes les populations occidentales sappuient pas la « croisade » de Bush et Blair, mais aussi pour les travailleurs et les jeunes en France. En sopposant clairement à la guerre, on montrerait à la fois notre refus de lunion sacrée et de la pression pour assurer la paix sociale qui émane du gouvernement et du patronat, et notre opposition à la campagne securitaire et anti-jeunes organisée autour de Vigipirate.
La solidarité internationaliste, lopposition à a guerre impérialiste, ne sont pas seulement des devoirs pour les travailleurs et les jeunes, elles nous permettraient également de mieux défendre nos propres intérêts.
Mais une telle campagne ne tombera pas du ciel : cest aux militants, et aux organisations, de la construire dans les semaines qui viennent.
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