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10 août 2002
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La libération des femmes 1
Introduction
Les femmes constituent la la moitié de la population mondiale; à l'échelle globale elles effectuent le deux-tier du travail; elles ne gagnent que 10% de la richesse mondiale et elles ne possèdent que 1% de la propriété du monde. Avec ces chiffres-là, c'est quasiment un pléonasme : la combat pour la libération des femmes est encore plus urgent que jamais.
Le capitalisme, un système qui affiche la liberté individuelle a été responsable d'une dégradation terrifiante des conditions de vie pour des millions de femmes dans le monde. Les femmes ont du abandonner le combat difficile pour se maintenir en vie, pour participer à la lutte impossible pour le travail et le logement dans les bidonvilles des pays exploités par l'impérialisme.
Dans les ex-pays dits socialistes de l'Europe de l'Est, de l'ex-URSS et la Chine, la restauration du capitalisme a été accompagné par des promesses de la prospérté, de la fin des queues. En fait, il n'a amené que le chômage de masse, l'inflation, des attaques contres les crèches, les hôpitaux et le droit à l'avortement.
Les origines de ce document
Au debut, ces pages prenaient la forme d'une série de thèses adoptées en 1989 par le Mouvement pour une Internationale Communiste Révolutionnaire, le parent de l'actuelle Ligue pour une Internationale Communiste Révolutionnaire. Dans ces pages, nous expliquons le développement de l'oppression des femmes à travers les millenaires, nous analysons les formes différentes qu'elle prend économique, sociale et sexuelle et nous avançons une stratégie pour une riposte.
Nous expliquons comment comprendre l'oppression des femmes et comment la combattre. Cette analyse commence avec la défaite historique des femmes qui a coïncidé avec l'établissement de la société des classes, pour aboutir aux combats des femmes travailleuses à la veille du vingt-et-unième siècle; elle avance une réponse à la forme d'oppression la plus omniprésente et la plus ancienne.
Notre analyse prend comme son point de départ les positions classiques des marxistes et des socialistes sur les femmes, qui lient la question des femmes avec la question plus large de l'existence du capitalisme, et qui comprennent la libération des femmes comme étant inséparable de la libération de la classe ouvrière.
Depuis ce document a été écrit, en 1989, des bouleversements énormes ont eu lieu dans la situation mondiale : entre autres, l'effondrement du stalinisme, l'explosion de guerre nationaliste en Europe, l'imposition des accords réactionnaires en Afrique du Sud, en Angloa, au Moyen Orient, en Cambodge.
L'analyse et les positions avancées ici gardent toute leur validité; plus, elles ont été confirmée par ces développements récents. Mais d'autres développements ont eu lieu qui vont profondément changé la vie des femmes.
Le changement principal qui a eu lieu est l'effondrement du stalinisme et la triomphe des restaurationnistes en Europe de l'Est, dans l'ex-URSS et en Chine. Comme nous expliquons, sous les anciens régimes les femmes ont souffert des énormes problèmes quotidiens, ce qui a conduit grand nombre de femmes à participer aux soulèvements révolutionnaires contre la dictature bureaucratique.
Mais sur le fond, la victoire des démocrates n'a rien changé : les maigres acquis des femmes sous le stalinisme sont détruits tandis que le marché fait sa sale besogne. La lutte contre les effets de la restauration du capitalisme demeure un combat fondamental pour les femmes travailleuses des ex-pays staliniens.
Les femmes et le travail
Un changement structurel fondamental a eu lieu dans l'activité de la classe ouvrière des pays impérialistes. Le nombre de femmes salariées continuent à augmenter sans cesse, y compris celui des femmes mariées. Par exemple, au Royaume-Uni entre 1971 et 1990, la proportion des femmes mariées qui detenaient un travail salarié est passée de 50% à 71%.
Cette augmentation contredit certaines prévisions, selons lesquelles les femmes seraient les premières à être licenciées lors de la crise. En fait, les emplois féminins d'abord à mi-temps et sans sécurité aucune ont été maintenus, voire augmentés, tandis que ceux des hommes ont diminué.
Dans les pays semi-coloniaux d'Amérique latine, d'Asie et d'Afrique, de plus en plus de femmes travaillent, souvent dans des conditions épouvantables pour un salaire de misère.
De Mexique aux Philippines, des jeunes femmes sont choisies par les managers des sociétés multinationales pour effectuer des tâches répétitives, difficiles et dangeureuses. Les femmes sont choisies parce qu'elles sont censées être plus dociles, et moins prêtes à s'organiser pour résister les patrons.
Mais en créant une main d'ouvre composée d'abord des femmes, le patronat joue un jeu dangereux pour lui : à maintes reprises, les femmes ont fait grève, ont protesté contre leurs conditions de travail et se sont syndiquées. Elles le feront encore, sans doute aucune, pour résister l'offensive patronale.
Pour les pionniers marxistes de la question des femmes Frédéric Engels, Clara Zetkin et Alexandra Kollontai la lutte pour la libération des femmes faisait partie intégrante du combat pour le socialisme.
Selon eux, la condition préalable pour la déstruction de l'oppression des femmes était leur participation en masse au monde du travail, pour qu'elles puissent jouir d'une indépendance finiancière et s'intégrer au sein de la classe ouvrière. L'augmentation massive du travail salairié des femmes à laquelle nous avons assisté depuis quelques décennies, implique-t-elle que l'oppression des femmes est finie? Les femmes sont-elles libérées?
Bien entendu, certaines femmes ont pu tirer avantage des nouvelles possibilités offertes par les changements dans la société, et notamment par l'introduction de la contraception simple et efficace. De cette façon, de plus en plus de femmes sont devenues médicins et avocats, d'autres sont entrées aux affaires ou à la politique. Mais elles ne constituent qu'une minorité privilégiée.
Pour des millions et des millions de femmes ordinaires, la conséquence principale des deux derniers décennies est de devoir bosser plus pour un salaire qui n'a pas grandi proportionnellement : les salaires des femems demeurent à 60% de ceux des hommes; des millions de femmes travaillent à mi-temps pour équilibrer les pressions d'emploi et de famille. Bien entendu, beaucoup d'emplois des femmes ont été détruits, notamment dans le secteur des services, qui a été la victime principale des attaques néo-libérales. Cette situation augmente le fardeau des femmes : quand la sécurité sociale ou les hôpitaux ou les crèches diminuent leurs services, ce sont les femmes qui doivent reprendre le relai.
Mais les pionniers du mouvement révolutionnaire n'avaient pas tort : le travail est un élément essentiel pour surmonter l'isolement et l'oppression des femmes. Mais seul, il n'est pas suffisant. La responsabilité des femmes pour le travail domestique et la fammile existe toujours; elle sous-tend l'oppression continue des femmes dans tous les domaines : des bas salaires et conditions du travail minables à la violence domestique et le viol.
Dans les pays impérialistes et les pays semi-coloniaux, les syndicats et le mouvement ouvrier n'ont pas pris au sérieux les intérêts des femmes travailleuses. Mais dans plusieurs combats, les femmes ont pris le devant. L'appel avancé dans cette brochure à la création d'un mouvement des femmes travailleuses est essentiel pour que les femmes soient organisées comme section militante et centrale de la classe ouvrière, à l'avant-garde des luttes à venir.
Ce qui manque terriblement aujoud'hui est une direction révolutionnaire, capable de lier les luttes quotidiennes des femmes avec les questions plus larges de l'oppression, la terre et de l'exploitation impérialiste. Cette brochure avance une stratégie pour la création d'une telle direction, pour l'enraciner dans les combats et dans les organisations des femmes travailleuses et les paysans pauvres partout dans le monde.
Point de libération des femmes sans le socialisme point de socialisme sans libération des femmes !
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