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13 novembre 2000
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La marche mondiale des femmes à Bruxelles

Le 14 octobre, 25 à 30 000 femmes se sont données rendez-vous à Bruxelles. Cette manifestation s’inscrivait, 3 jours avant la marche mondiale de New York, dans le sillon de plusieurs manifestations nationales et de beaucoup d’initiatives locales.

Représentant la plupart des pays européens mais également les communautés immigrées qui y résident, les femmes se sont rassemblées pour dénoncer toutes les violences et toutes les discriminations dont elles sont victimes au quotidien.

Dans une ambiance haute en couleurs dominée par la bonne humeur et la combativité, les cortèges ont scandé tour à tour des mots d’ordre portant principalement sur le statut social des femmes, les inégalités professionnelles et salariales et les violences domestiques.

Mais, au-delà de toutes les revendications portées par les collectifs "2000 raisons marcher", c’est la solidarité internationale, "la solidarité avec les femmes du monde entier" comme criait un groupe de femmes posté sur le parcours du cortège, qui s’est imposée finalement comme mot d’ordre général de la manifestation, avec divers slogans contre la dette des pays du tiers-monde et des messages de soutien aux femmes opprimées dans le monde.

Malheureusement, la manifestation a été complètement ignorée par les médias européens et français.

Notre cortège a été circonscrit aux quartiers de bureaux, où bien sûr, il n’y a plus personne le samedi après-midi.

Pas un seul Bruxellois sur le parcours ! Personne pour entendre nos revendications ! Si bien que, exaspérées par tant d’hypocrisie, un millier de femmes ont envahie une des places commerçantes de Bruxelles et ont enfin, vers 18h, fait connaître l’existence de notre rassemblement.

Mais voilà : les Marches européenne et mondiale ont eu lieu dans l’indifférence la plus totale et il faut s’interroger sur ce type d’action.

Le but des marches - l’amélioration des lois et des situations internationales - et leurs moyens d’actions - remettre aux gouvernements et aux instances internationales des cahiers de revendications - ne pourra jamais faire aboutir le combat pour l’émancipation des femmes.

Les femmes qui luttent pour leur émancipation n’ont rien à attendre de ceux qui gèrent et défendent le système pourri qui les exploite et les opprime, de ceux qui ont un intérêt à les utiliser comme main d’œuvre bon marché et corvéable à merci, et à les maintenir dans leur rôle de reproduction au sein de la famille.

Nous ne pensons pas non plus que le combat pour les droits des femmes soit exclusivement un combat de femmes, encore moins le combat de toutes les femmes - paysannes, travailleuses et bourgeoises confondues.

Nous avons besoin d’un mouvement qui ne laisse pas la direction du mouvement féministe aux mains des bourgeoises et montre clairement les convergences d’intérêts entre hommes et femmes de la classe ouvrière, un mouvement capable d’avancer et de défendre la cause des femmes opprimées partout dans le monde, au nom de la lutte de classe contre le système qui est à l’origine de leur oppression, le système capitaliste.


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