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24 mars 2002
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La révolution socialiste au XXIe siècle : 6

Non à l’impérialisme français !


Non à l’impérialisme européen !

Depuis la fin du XIXe siècle, le monde est dominé par quelques puissances impérialistes pour la plupart européennes, dont la France. Ces pays riches, dont l’économie est dirigée par une poignée de sociétés gigantesques, investissent dans les pays du “tiers monde”pour y extraire des surprofits.

Pour protéger leurs investissements, ils sont prêts à tout, y compris à intervenir militairement. A la fin du siècle dernier, la forme préférée de cette domination impérialiste était la colonisation. Aujourd’hui, la France conserve peu de colonies qui sont, en outre, généralement petites. Mais sa domination sur certains pays du Tiers-Monde s’exerce principalement sous forme de clientélisme et grâce à la pression de leur dette contractée auprès des banques occidentales.

La politique étrangère de la France, y compris militaire, a toujours eu pour but de défendre les intérêts de l’impérialisme en général, et plus particulièrement les intérêts propres au capitalisme français : assurer des marchés privilégiés pour ses produits (y compris les ventes d’armes), conserver ses fournisseurs de matières premières répondant aux besoins du capitalisme industriel français, avoir des débouchés sûrs pour l’exportation du capital français, et garantir une main d’oeuvre flexible, peu chère et “jetable”.

C’est ce qui justifie la présence militaire de la France en Afrique, sa participation à la guerre du Golfe, ou à celle contre la Serbie ou encore à la “guerre contre le terrorisme”. Les mensonges “humanitaires”ou “républicains”que la bourgeoisie avance afin de couvrir de telles interventions ne peuvent pas cacher leur nature profondément intéressée.

Pour la bourgeoisie française et leurs représentants politiques, les besoins et les désirs des peuples de ces pays n’ont aucune importance comparés à leur soif de profits.

Si la bourgeoisie française est partie prenante de la construction d’un impérialisme européen et de son bras armé, elle conserve des intérêts particuliers à l’étranger liés à sa domination coloniale (Antilles, Pacifique) ou néo-coloniale (Afrique, Maghreb) ainsi qu’aux rapports diplomatiques et financiers qu’elle a développés (Moyen Orient, Chine, etc.).

En Afrique, l’impérialisme français assure, par des accords privilégiés, la stabilité économique et financière des Etats de la zone franc et entretient également des liens moins formels avec d’autres Etats de l’Afrique sub-saharienne. Elle y maintient une importante présence physique à travers la coopération culturelle et technique et, évidemment, les bases militaires.

Dans les DOM-TOM, la France exerce une domination directe sur la population grâce à la présence de colons. Depuis quelques années les principaux DOM-TOM (Guyane, Martinique, Réunion, Guadeloupe, Tahiti et Kanaky) ont connu d’importants mouvements d’opposition à la présence française et à ses effets, mouvements qui ont été violemment réprimés, souvent dans le sang, par les forces de l’Etat français.


Non à la défense de la nation

La seule nation française qui existe est celle de la bourgeoisie dont les intérêts s’opposent à ceux de la classe ouvrière. Il en va de même pour l’Europe. Défendre “la Nation”ou “l’Europe” revient à défendre les intérêts de la bourgeoisie, à choisir la collaboration de classes.

Lors des guerres, au lieu de se ranger aux côtés de la bourgeoisie, le devoir de la classe ouvrière est de proclamer son internationalisme, sa solidarité avec ses frères et ses soeurs du pays “ennemi” et de maintenir la lutte de classes, coûte que coûte.

La classe ouvrière des pays impérialistes doit adopter une politique défaitiste par rapport à sa propre bourgeoisie. Rien de progressiste ne peut découler de la victoire militaire d’un pays impérialiste.

Chaque intervention des grandes puissances, qu’elle soit militaire, politique et même humanitaire, a pour but de restaurer l’ordre capitaliste, c’est-à-dire les conditions d’exploitation des travailleurs et des paysans qui assureront les profits de la bourgeoisie. L’ONU n’est qu’un instrument à la solde des grandes puissances impérialistes. Le FMI et la Banque Mondiale en sont les représentants internationaux.

• La France hors de l’OTAN !

• Pas un sou, pas un soldat pour la défense de l’impérialisme français ou européen !

• A bas l’armée française !

• Non au développement d’une armée européenne !

• A bas l’Europe des patrons, à bas les impérialismes nationaux !

• Non à la forteresse Europe !

• Retrait des troupes françaises stationnées hors de métropole !

• Contre toutes les sanctions économiques imposées par l’impérialisme français aux autres pays !

• Non aux attaques impérialistes contre l’Irak et l’Afghanistan — ce sont les travailleurs de ces pays qui doivent s’organiser et combattre pour régler leurs comptes à leurs dirigeants !

• A bas l’OTAN et l’Union Européenne Occidentale !

• Toutes les troupes de l’OTAN et de l’ONU hors de l’ex-Yougoslavie et de l’Afghanistan !

• A bas l’ONU ! A bas le FMI ! A bas la Banque Mondiale ! Aide financière et humanitaire sans condition et contrôlée par les travailleurs et paysans du pays concerné !


Annulation de la dette

Depuis l’indépendance des colonies africaines françaises dans les années 60, tous les gouvernements ont maintenu des liens économiques notamment par le biais de réseaux personnels. L’existence de la zone franc donne à la France une mainmise particulière sur les économies de cette zone où elle contrôle l’émission monétaire et l’octroi des crédits. L’aide “humanitaire” française est destinée à remplir les coffres des élites locales au pouvoir, qui ensuite prennent soin de leurs amis français en signant des contrats avec leurs entreprises, en leur offrant des pots-de-vin ou en distribuant des cadeaux aux partis politiques et aux membres éminents de la bourgeoisie.

Dans le même temps, les pays africains sont écrasés par le poids de la dette envers les banques impérialistes qui les obligent, de surcroît, à imposer des politiques d’austérité catastrophiques pour les populations.

Corruption, détournement de fonds, enrichissement personnel, misère et famine sont les conséquences de la politique impérialiste sur un continent marqué par le sous-développement.

• Annulation de la dette des pays semi-coloniaux à l’égard des banques et de l’Etat français !

• Abolition de la zone franc ! Restitution des sommes volées aux ex-colonies françaises, leur montant doit être déterminé par les travailleurs et les paysans des pays concernés !

• Abrogation des accords militaires et techniques !

• Aide technique et industrielle contrôlée par les travailleurs et les paysans (y compris les travailleurs français) !

• Non aux plans de restructuration imposés par le FMI !

• Troupes françaises hors d’Afrique !


Auto-détermination pour les DOM-TOM

Des colonies françaises existent toujours : les DOM-TOM. Ces pays, qui sur le plan juridique font partie de la France, n’ont pas subi le processus de décolonisation pour des raisons économiques et géostratégiques.

Ces territoires sont pour les impérialistes des zones importantes au point de vue économique et militaire, notamment dans le Pacifique.

En Kanaky, la présence en abondance de nickel fournit des rentes importantes tout comme la production de sucre aux Antilles. La Polynésie est une possession fondamentale pour la machine nucléaire et pour maintenir l’influence militaire française dans le Pacifique. La Guyane par sa situation géographique a permis la construction du site de lancement d’Ariane où la technologie du troisième millénaire côtoie les bidonvilles.

En général, les conditions de vie des travailleurs et des paysans de ces pays sont aggravées par la domination impérialiste et la pratique de la monoculture qui y est associée, ainsi que par le refus de la métropole d’investir massivement et durablement dans le développement d’une l’industrie locale.

Les populations autochtones doivent décider elles-mêmes leur avenir. Là où elles se sont déjà prononcées pour l’indépendance par la lutte de masse ou par référendum comme en Kanaky, il faut immédiatement appliquer cette décision.

• Droit à l’auto-détermination pour les DOM-TOM ! Indépendance immédiate pour la Kanaky !

• Expropriation sans indemnisation ni rachat de tous les grands capitalistes agricoles dans les DOM-TOM, pour la répartition des terres par les travailleurs agricoles et les paysans !

• Nationalisation des grands terrains des DOM-TOM et collectivisation volontaire des petites fermes !

• Salaires égaux à ceux des travailleurs de la métropole dans une même industrie !

• Mise en place d’un plan pour diversifier l’économie et l’agriculture des DOM-TOM et augmenter la productivité pour la consommation locale en utilisant les moyens et les techniques les plus modernes et efficaces !

• Expropriation et nationalisation des holdings français ou étrangers sous le contrôle ouvrier, y compris la base de ASE-Ariane en Guyane !

• Les ressources naturelles aux peuples locaux !

• Plan d’urgence pour les villes pour combattre le chômage et le manque de services publics, voté par les comités de travailleurs et de quartiers. Organisation des chômeurs !

• Les syndicats français doivent mettre à leur disposition l’aide technique et politique nécessaire pour organiser les masses des DOM-TOM !


La question nationale en France

La création de l’Etat français par la bourgeoisie a vu l’intégration des peuples breton, basque et corse, au prix d’un nivellement tragique de leur culture et de leur langue. Ce processus a néanmoins permis le développement d’une seule classe ouvrière au sein de l’hexagone. Depuis les années 70, un renouveau des mouvements nationalistes a eu lieu : au Pays Basque, principalement par rapport à la situation des Basques en Espagne et en Corse où les revendications ont été brouillées par la corruption et le gangstérisme. Des courants régionalistes ont même surgi, comme en Alsace ou en Savoie.

Les travailleurs n’ont pas intérêt à multiplier le nombre d’Etats-nations, et donc à avancer d’emblée des mots d’ordres indépendantistes. Par contre, un peuple qui en opprime un autre ne sera jamais libre : il faut donc accorder le droit à l’autodétermination à tout peuple qui se considère opprimé.

A l’heure actuelle, il s’agit de convaincre les travailleurs de Bretagne, du Pays Basque et de Corse, que leur avenir n’est pas dans la quête mythique de la nation perdue mais dans la lutte pour la révolution socialiste au côté de tous les travailleurs de France, tout en appuyant le droit des travailleurs de toutes les régions d’avoir plus d’influence sur la vie locale et régionale.


Les mouvements nationalistes

Dans les DOM-TOM comme en métropole la question fondamentale à résoudre est celle de la direction politique. Les mouvements d’opposition à la domination de la France sont parfois spontanés (Guyane), parfois organisés au sein du mouvement ouvrier (Guadeloupe) et parfois menés par des nationalistes (Kanaky).

Dans tous les cas, le courage des masses est gaspillé par une direction inadéquate et, en Kanaky, la forte présence de colons a été utilisée par la France comme contrepoids face aux indépendantistes lors des référendums. L’indépendance formelle revendiquée par certaines directions des travailleurs et des paysans des DOM-TOM ne suffira pas pour détruire réellement l’influence de l’impérialisme.

• Assemblées constituantes basées sur des conseils ouvriers et paysans, défendues par ces derniers, pour permettre aux opprimés de s’exprimer et d’agir !

• Combat sans compromis contre l’impérialisme en utilisant les moyens révolutionnaires tels que l’occupation des terres et des usines et la construction de conseils ouvriers et paysans !

• L’avenir des DOM-TOM se trouve au sein de fédérations régionales d’Etats ouvriers, libérés de toute domination impérialiste !

• Pour la révolution socialiste et internationaliste dans les pays dominés par l’impérialisme français !   



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