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24 mars 2002
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La révolution socialiste au XXIe siècle : 4
Tous ensemble
Contre loppression sociale !
Au delà de loppression de classe, il existe aussi des oppressions sociales qui touchent des couches spécifiques de la population, en particulier les femmes, les jeunes, les victimes de loppression nationale ou raciale et les gays et les lesbiennes.
Les racines de cette oppression sociale se trouvent dans les deux structures sociales qui sont au coeur de la société capitaliste : la famille et lEtat.
Sous le capitalisme, la famille joue un rôle fondamental car cest à travers elle que se transmet le capital et la propriété privée, et cest en son sein quon forme et discipline les générations à venir. Pour les femmes en particulier, la famille et le foyer domestique, dont elles assurent la reproduction et la conservation, sont le lieu même de leur oppression.
LEtat en tant que superstructure au service de la société de classes a, entre autres, pour rôle de défendre cette institution contre vents et marées. Ainsi, loppression sociale transmise et exercée par la famille et lEtat est un élément fondamental de la société de classes.
Cest pour cette raison que la libération de tous les groupes opprimés ne peut passer que par la destruction du capitalisme. Certes, loppression sociale nest pas limitée aux seuls travailleurs, même si dans chaque groupe opprimé, ce sont les prolétaires qui souffrent le plus de loppression sociale parce quelle sajoute à loppression de classe.
Mais cest la classe ouvrière qui a un intérêt décisif dans le renversement du système qui maintient et reproduit loppression. Elle est la seule classe qui a le pouvoir social pour le faire.
Cest pourquoi cest elle qui doit être à la tête de tout combat contre loppression pour quil soit efficace.
Les femmes
Les femmes ne sont plus cantonnées dans le rôle de mère ou de femme au foyer, elles sont de plus en plus nombreuses à travailler.
Mais malgré les changements profonds qui se sont produits en Occident depuis trente ans, loppression de la femme est toujours un trait dominant de notre société.
Et pas seulement de manière directe. Loppression est aussi pernicieuse, idéologique. Partout les femmes sont présentées comme des objets, leur corps est transformé en marchandise ou en support de marchandise.
Et bien souvent en tant que personne, cest le rôle de mère ou de ménagère qui est mis au premier plan. Tout cela peut changer, à condition quon sy oppose de manière consciente.
Les femmes au travail
En France les femmes travailleuses occupent principalement les postes les moins qualifiés et les moins rémunérés. Leur salaire est en moyenne 20% inférieur à celui des hommes. Elles sont généralement cantonnées dans les secteurs de travail peu valorisés et peu payés. Et leurs activités sont le plus souvent une extension de leurs tâches au sein de la famille : soin des enfants et des malades, préparation de la nourriture, nettoyage, rangement, etc. Le taux de chômage des femmes est plus élevé que celui des hommes, et cela bien que lemploi féminin ait augmenté tandis que lemploi masculin est en chute libre.
Elles subissent plus que les hommes la « flexibilité : 83 % des postes à temps partiels sont occupés par des femmes ; 25% des femmes travaillent à temps partiel contre 3% des hommes ; 55 % des CDD concernent les travailleuses.
Et cest justement parce quelles occupent la plupart des emplois précaires quelles sont plus exposées au risque du chômage. En outre, des mesures comme lallocation parentale déducation deviennent en réalité une allocation maternelle à cause de lécart entre le salaire de lhomme et celui de la femme. Seulement 5 % des femmes ont un salaire plus important que celui de leur conjoint.
A travail égal, salaire égal !
Non au temps partiel imposé ! Non au cantonnement des femmes dans les emplois précaires ou à temps partiel !
La solution pour concilier famille et travail se trouve dans la réduction du temps de travail pour tous les travailleurs, hommes et femmes, sans perte de salaire !
Travail domestique
Cest toujours la femme qui soccupe des tâches domestiques et des enfants. 90 % du travail domestique est fait par les femmes, tandis que moins de 5 % des hommes y participent.
Il faut instaurer un système collectif de laveries et de repassage, gratuit, efficace et de qualité, et créer un système de restauration gratuit et de qualité, afin de permettre aux femmes de se soustraire au poids écrasant du travail domestique par sa collectivisation !
Contraception et avortement
Lun des acquis fondamentaux des femmes en France est la possibilité quelles contrôlent leur fertilité, grâce à la contraception et à lIVG. Mais seules les pilules bas de gamme sont remboursées et ce sont les pilules les plus dangereuses. Les cliniques publiques pratiquant lIVG manquent de plus en plus de moyens et sont parfois menacées par les commandos intégristes catholiques et fascistes.
Avortement libre et gratuit !
Contraception libre et gratuite, dont la qualité sera contrôlée par la communauté et par des comités de travailleurs de la santé !
Mobilisation des femmes et du mouvement ouvrier pour empêcher les commandos anti-IVG !
Les droits des mères
La politique nataliste de tous les gouvernements français, de gauche comme de droite, a conduit à un système avantageux fiscalement pour les familles nombreuses et aux revenus importants. Il faut le remplacer par un système dimposition fortement progressif qui taxe les capitalistes. De là peuvent venir les ressources nécessaires pour payer un système dallocations familiales universel et généreux, reposant sur le principe de légalité. Si le droit au congé de maternité représente un acquis fondamental pour les femmes, il faut lutter contre lidée dun salaire parental.
Pleins droits de protection pour les femmes enceintes !
Congés de maternité et de paternité dune durée qui sera décidée par une commission ouvrière dont la tâche sera de concilier famille et travail !
Allocation familiale à partir du premier enfant, accordée à tous les parents quelques soient leurs revenus ; le niveau sera déterminé par des comités de travailleurs et de parents !
Mettre fin au quotient familial qui privilégie les riches, pour un système dimposition fortement progressif taxant les patrons !
Les crèches
Actuellement, les crèches en France accueillent moins de 50 % des demandeurs de places. Sans une place à la crèche ou sans assistante maternelle, dans lécrasante majorité des foyers, cest la femme qui abandonne son travail pour garder lenfant. En outre, parce que les crèches ne sont pas intégrées à lEducation Nationale, et quelles dépendent du niveau de revenus des parents, leur nombre est très variable entre les quartiers riches et les quartiers pauvres.
Gratuité des crèches, financée par un système de taxation progressive des patrons à léchelle nationale !
Des crèches disponibles 24/24, gratuites et financées par lEtat, contrôlées par les parents et les puéricultrices, avec des places pour tous ceux qui souhaitent en avoir !
La violence contre les femmes
Beaucoup de femmes subissent des violences physiques et morales de la part de leur conjoint, sans pouvoir quitter le domicile conjugal, faute de moyens financiers. Cest particulièrement le cas pour les mères.
Il faut que lEtat leur fournisse les moyens de devenir indépendantes : logement, allocations, soutien psychologique etc.
Pour une véritable parité
La loi sur la parité veut obliger les partis politiques à présenter au moins 50 % de candidates. Mais une telle solution ne changerait rien à la vie quotidienne des centaines de milliers de femmes travailleuses, sans compter quelle suggère que cest le sexe du candidat qui prime et non sa politique. De plus ce sont aux militants des formations politiques de choisir leurs candidats et non à lEtat de les imposer, même pour des raisons prétendument progressistes.
Le manque de participation des femmes constitue un problème fondamental pour le mouvement ouvrier. La présence massive des femmes dans les entreprises nest pas reflétée dans la prise de responsabilités syndicales ou politiques. Lécrasante majorité des délégués du personnel et des responsables syndicaux sont des hommes.
Il faut lutter pour que les femmes soient plus présentes dans les organisations ouvrières, mais cette participation ne doit pas être imposée par lEtat.
Il faut que les femmes sorganisent dans les syndicats à travers des comités et des réunions non-mixtes si elles en éprouvent le besoin, non pas pour isoler leur lutte mais pour être sûres que leurs revendications soient prises en compte.
Organiser les femmes travailleuses
Là où les travailleuses agissent ensemble, que ce soit dans les luttes ouvrières ou dans des combats dans les quartiers, il faut appeler à un mouvement des femmes travailleuses. Un tel mouvement pourrait unifier la lutte des travailleuses dans les entreprises avec celle des femmes au foyer sur la base de leurs propres revendications. Les femmes prendront ainsi conscience du caractère de classe de leur oppression et de leur capacité à sorganiser et à lutter pour leurs conditions de vie et de travail et contre toutes les formes de sexisme, y compris au sein du mouvement ouvrier.
Un mouvement des femmes travailleuses renforcerait le mouvement ouvrier car il pousserait à lutter contre le sexisme qui existe en son sein, mais également parce quil amènerait les femmes à prendre leur place dans les luttes et les organisations de la classe ouvrière et donc à créer les conditions de leur propre libération : la destruction révolutionnaire du système capitaliste.
Un tel changement conduira à lélimination du travail domestique de la sphère privée et à la destruction graduelle de la famille comme noyau de reproduction et de restauration des travailleurs, libérant ainsi la femme des derniers vestiges de son oppression.
Les jeunes
Pour les jeunes, lavenir est sombre. 25% des moins de 25 ans en France sont au chômage. Lécrasante majorité des 75% qui restent sont dans le système éducatif, ajoutant diplômes sur diplômes dans lespoir de décrocher un job et déchapper à une vie de chômage et de précarité. En outre, quils soient chômeurs ou étudiants, ils ne bénéficient daucun moyen financier indépendamment des revenu de leurs parents. Ils sont donc obligés pour la plupart de rester dans le cadre familial. Une fraction importante de la jeunesse, en particulier celle issue de limmigration, est condamnée à rester dans les cités sans aucun espoir de sen sortir. Et pourtant, le combat peut tout changer. A plusieurs reprises les jeunes ont repoussé des attaques gouvernementales, que ce soit dans le domaine de léducation (luttes lycéennes ou étudiantes) ou celui des salaires (SMIC jeune).
Non à la précarité des jeunes
Afin de maintenir les jeunes sous la coupe de lEtat, de leur famille ou de leur patron, les gouvernements de gauche comme de droite ont multiplié les mesures précarisant un peu plus leurs statuts quils soient jeunes travailleurs, sans emploi ou étudiants.
Pleins droits civiques, économiques et sociaux pour les jeunes dès 16 ans !
Revenu minimum garanti de 900 Euros (6000 F) pour tous dès 16 ans !
Accès à des logements à loyer modéré pour les jeunes qui quittent leur famille !
Pour labolition immédiate et totale du service national !
Les jeunes et la formation
Les jeunes ne doivent pas devenir une réserve de chômeurs ou de travailleurs mal payés et inorganisés, utilisée par les patrons ou lEtat afin de miner les acquis ouvriers. Lapprentissage et la formation professionnelle sont actuellement contrôlés par les organisations patronales, sans aucun droit de regard pour les jeunes et les travailleurs sur la qualité des formations dispensées.
Des emplois pour tous ! Transformation de tous les contrats précaires en CDI !
Non aux emplois jeunes ! Plein salaire pour les apprentis et les stagiaires, dès le premier jour de travail !
A travail égal salaire égal pour tous les travailleurs, hommes et femmes, immigrés ou non, jeunes ou adultes !
Pour la syndicalisation massive des jeunes travailleurs ou sans emploi !
Pour un véritable système dapprentissage sous le contrôle des travailleurs !
Pour lintégration de lapprentissage et de toutes les formations dans le cadre de lEducation Nationale !
Formations et stages qualifiants rémunérés au moins au niveau du SMIC réévalué et sous contrôle des organisations ouvrières !
Les luttes des lycéens
LEducation Nationale est au bord de lexplosion : manque de crédits, manque de profs, manque de perspectives dans les lycées, augmentation des effectifs dans les facs où bon nombre de jeunes cherchent à repousser le statut de chômeur par le cumul des diplômes.
Les réformes dAllègre cherchent à réduire le budget encore plus, à rallonger la durée du temps de travail des enseignants et à mettre lEducation Nationale au service du patronat. Les mouvements de profs et de lycéens qui ont surgi contre ces projets et pour exiger plus de moyens montrent le potentiel dune riposte nationale pour défendre lEducation Nationale et la mettre au service des élèves et de la communauté.
Il faut unifier les luttes entre les lycéens ou les étudiants et les profs autour dun plan durgence pour lEducation Nationale.
Augmentation immédiate du budget de lenseignement, déterminée par les travailleurs de lEducation nationale, les lycéens, les étudiants et les parents délèves.
Plus de moyens, plus de profs dans les lycées ; embauche définitive et immédiate de tous les contractuels et précaires, pas une classe de plus de 25 élèves !
Programme massif de travaux publics, financé par limposition des entreprises, afin dassurer que les établissements et les facs correspondent aux normes de sécurité et aux besoins des élèves et des travailleurs de lEducation nationale !
Non à la sélection !
Suppression des droits dinscription légaux et illégaux !
Allocation détudes pour tous égale au SMIC réévalué de 1200 Euros (7900 F) dès 16 ans !
Expropriation des écoles et des facs privées !
Le contenu des cours et les emplois du temps doivent être décidés par des comités délèves, de parents et de travailleurs de lEducation nationale !
Pour la création de syndicats lycéens contrôlés par les lycéens eux-mêmes !
Les jeunes et la sexualité
Lun des éléments de loppression des jeunes, cest loppression de leur sexualité, soit en la niant, soit en mettant des entraves à son expression. Il faut lutter pour une sexualité libérée et épanouie, contre le discours dominant sur la sexualité véhiculé par la famille, lécole et les médias.
Contre labus sexuel, il faut des foyers pour les jeunes, ouverts tous les jours, 24 heures sur 24, avec des consultations de psychologues formés spécialement pour cela, sans aucune possibilité dintervention de la part des parents.
Pour une véritable éducation sexuelle, y compris la création des centres daide sanitaire et psychologique, afin de donner aux jeunes les moyens de comprendre et daccepter leur sexualité et de dire non à labus sexuel !
Gratuité des moyens contraceptifs pour tous ; droit de consulter les médecins en toute sécurité et en toute confiance !
Suppression de laccord parental pour la contraception ou lavortement pour les filles de moins 16 ans !
Abolition de la majorité sexuelle qui ne protège pas les jeunes de labus sexuel, mais qui criminalise la sexualité des jeunes !
Contre labus sexuel, les jeunes doivent pouvoir jouir dune sexualité libre et consentie !
Des distributeurs de préservatifs dans chaque établissement scolaire, public ou privé !
La drogue
Depuis laube de lhumanité, les êtres humains ont consommé des drogues. Seulement aujourdhui certaines sont en vente libre, alors que dautres sont interdites.
En loccurrence, si chez les adultes la consommation est dominée par lalcool, elle est, chez les jeunes, accompagnée par une multiplicité de substances illégales.
Toutes les drogues peuvent détruire la vie là où elles prennent le dessus.
En devenant une obsession, ou simplement par leurs effets nocifs, elles nuisent directement à la santé.
Mais la criminalisation ou linterdiction des drogues ne fait que pousser les usagers dans la criminalité, conforte les truands qui profitent des trafics et augmente la dangerosité des produits.
La meilleur manière de lutter contre labus des drogues est de favoriser linformation sur la nature et les effets des drogues, de proposer des activités et des loisirs attirants, et dassurer que les drogues soient sans aucun excipient dangereux.
Légalisation de toutes les drogues !
Monopole dEtat sur la production, la vente et la distribution des drogues afin de briser la mainmise des truands et dassurer une bonne qualité !
Prescription libre des drogues pour les toxicomanes, avec encouragement à suivre un traitement !
Pour un programme déducation sur lusage et les dangers de toutes les drogues, y compris le tabac et lalcool.
Pour un programme massif de loisirs, de culture et de sports, gratuit et de qualité, contrôlé et choisi par les jeunes, afin de donner particulièrement aux jeunes dautres moyens de séclater.
Organiser la jeunesse !
Lors de ses combats, la jeunesse doit se doter des formes dorganisation qui permettent à tous les jeunes de simpliquer dans la lutte, de déterminer des perspectives, et de prendre la responsabilité des actions.
Dans les lycées et les facs, cela implique des assemblées générales, lélection dun comité de grève révocable à tout moment, lorganisation démocratique des débats et des actions.
Dans les boîtes, la participation des jeunes aux syndicats, aux mouvements de grève et aux instances élues.
Dans les quartiers, lorganisation des jeunes chômeurs et la création de liens réels et actifs avec les jeunes lycéens, étudiants et travailleurs.
A chaque fois, il faut établir et renforcer, dans laction, des liens entre le combat des jeunes et celui de la classe ouvrière toute entière.
Chaque fois que les jeunes luttent contre lexploitation et loppression, ils se heurtent à un mur de fric et de haine, un mur qui protège les capitalistes, un mur composé de flics, de lois et de moralité bourgeoise.
Voilà pourquoi simpose lunion entre les luttes des jeunes et la lutte des classes, cest-à-dire la lutte de la classe ouvrière pour sa propre émancipation et la destruction révolutionnaire du système capitaliste.
Aujourdhui, lors de chaque combat qui implique les jeunes, nous cherchons à jeter les bases dune organisation indépendante de la jeunesse révolutionnaire, démocratique, ouverte à tous les jeunes qui veulent combattre loppression et lexploitation, et qui veulent en finir avec le chômage, le racisme et la crise quengendre le capitalisme.
Pour une organisation indépendante de la jeunesse révolutionnaire !
Les gays et les lesbiennes
Ce nest quen 1982 que lEtat a cessé de considérer lhomosexualité comme une infraction, et ce nest que maintenant quil est prêt à accepter que les couples homosexuels jouissent dune partie des mêmes droits que les hétérosexuels.
Malgré ces avancées très importantes, la discrimination demeure. En plus de la difficulté réelle des gays et des lesbiennes à afficher leur sexualité par crainte de susciter des réactions hostiles voire violentes, il existe toujours des inégalités au niveau de la loi.
Loppression des homosexuels découle directement du rôle fondamental que joue la famille pour le système capitaliste. La libération sexuelle en général, et lhomosexualité en particulier, menacent cette institution, car ce sont des défis à la norme.
Certes, le capitalisme peut se permettre de faire des réformes dans ce domaine, mais pour se débarrasser véritablement de tout reste doppression légale et quotidienne, cest le système tout entier quil faut balayer. La seule stratégie conséquente est donc celle de lunité entre les opprimés et la classe ouvrière, une stratégie de lutte de classe.
Certes, lhomophobie existe chez les travailleurs. Mais ce nest pas pour autant quil faut sous-estimer, voire ignorer le rôle potentiel des travailleurs dans la lutte contre oppression sociale en général et lhomophobie en particulier.
Au contraire, il faut se battre au sein du mouvement ouvrier pour que les homosexuels soient considérés comme les alliés de la classe ouvrière dans son combat contre le capitalisme, et donc pour que toutes les organisations syndicales et politiques soutiennent celui des gays et des lesbiennes pour légalité des droits.
Depuis quelque temps, la principale revendication des gays et lesbiennes en France a été la reconnaissance légale du couple homosexuel. Essentiellement, le PACS, qui se veut une réponse à cette revendication, nest quun simple arrangement fiscal et dhéritage (ce qui est mieux que rien).
En se démarquant de toute idée dun mariage homosexuel, le gouvernement a voulu souligner quil ne ferait rien pour miner la famille, socle de la société bourgeoise si bien défendue par ces curés sans soutane qui se prétendent socialistes ou communistes. Les couples gays nont pas le droit dadopter des enfants. Même le droit à linsémination artificielle est refusé aux couples lesbiens.
La normalité promise par la légalisation du couple homosexuel, bien que légitime, nest quun leurre. Car même si la reconnaissance légale dune famille homosexuelle est progressiste au sens où elle répond à plusieurs problèmes rencontrés actuellement par les couples homos, ce nest pas une solution fondamentale et durable à loppression.
La famille est à la fois un havre de paix face à la pression et aux exigences de la vie quotidienne, mais aussi une prison qui déforme lesprit de chacun. Il est vrai que la famille homosexuelle ne reproduit pas tous les maux dune famille hétérosexuelle (loppression des femmes par exemple) mais il y a toujours loppression des jeunes qui existe dans toute famille qui a des enfants.
Dans les pays occidentaux les gays constituent la plus grande partie des victimes du SIDA. Au niveau mondial, par contre, lessentiel des victimes sont des hétérosexuels qui vivent dans les pays dominés par limpérialisme. Le système capitaliste, pour qui la recherche dun vaccin et dun traitement est subordonné à la course aux profits, a contribué non seulement au renforcement de lépidémie, mais surtout à faire du SIDA une maladie de pauvres et dopprimés. Il faut de largent pour la recherche, pour les soins, pour des campagnes de prévention réellement efficaces.
Laffaire du sang contaminé a révélé le cynisme des politiciens à légard de notre bien-être et a montré la nécessité du contrôle par les malades et les travailleurs de la santé des structures dispensant des soins, comme des industries pharmaceutiques, afin quelles soient utilisées pour le bien de tous. Il faut un budget durgence contre le SIDA, en termes de prévention, de lits et de personnel dans les hôpitaux.
Egalité des droits pour tous les couples, hétéros et homos. Réforme des lois sur lhéritage permettant à chacun de choisir à qui transmettre ses biens et ses avantages !
Seul critère pour ladoption : que lenfant soit aimé et soutenu. Procréation médicalement assistée libre et gratuite à tous ceux qui en font la demande !
Face aux descentes policières ou aux attaques homophobes, création de groupes dautodéfense soutenus par le mouvement ouvrier !
Préservatifs libres daccès et gratuits !
Expropriation sous contrôle ouvrier des sociétés pharmaceutiques !
Des milliards pour la recherche sur le SIDA, pas pour les armes !
Le racisme
Le racisme existe partout dans le société. Qui balaie le métro ? Qui construit les bâtiments ? Combien de profs, combien de députés, beurs ou blacks ? Les noirs et les beurs sont poussés vers les boulots les moins bien payés, vivent dans les logements les moins salubres, ont moins de chance de réussir leur scolarité et sont systématiquement harcelés par la police, souvent sans aucune raison sauf le délit de faciès.
Le message de haine raciale véhiculé par le Front National (FN) de Le Pen et son rejeton, le Mouvement National Républicain (MNR) de Megret, a trouvé un écho parmi des secteurs importants de la population, et notamment chez certains travailleurs qui pensent que leurs camarades de classe, noirs ou beurs, sont responsables du chômage, de linsalubrité des logements, de linsécurité, etc.
Le racisme est lié au développement du capitalisme, puis de limpérialisme. Lidéologie raciste a dabord été utilisée pour de justifier lesclavage, puis la domination de races entières par des Etats coloniaux et impérialistes, dont la France. Aujourdhui le racisme est utilisé par la bourgeoisie et ses représentants politiques pour diviser la classe ouvrière et la dévier dun combat uni contre lennemi commun. Léradication du racisme ne peut donc passer que par la destruction du système qui la engendré : le capitalisme.
Ouverture des frontières
Tous les gouvernements européens ont introduit des lois sur limmigration qui font des immigrés les boucs émissaires de la crise. Ils les accusent de vouloir profiter daides sociales généreuses alors que cest la politique impérialiste qui a créé des situations dramatiques dans les pays dorigine de ces immigrés. On peut facilement trouver de largent pour soutenir les immigrés, en imposant fortement les multinationales et plus encore en les expropriant sous contrôle ouvrier !
En prônant la fermeture des frontières (que ce soient celles de la France ou celles de lEurope ) les gouvernements prétendent que tous les Français (ou tous les Européens) toutes classes confondues, ont un même intérêt face aux autres (qui, comme par hasard, sont noirs, arabes, gitans etc.).
Non, les travailleurs en France nont pas dintérêt commun avec les patrons français. Face à ces mensonges nationaux, il faut au contraire revendiquer louverture des frontières, autrement dit la possibilité pour quiconque de vivre et de travailleur là où il le désire : cest le seul moyen de sopposer radicalement à toute politique de collaboration de classe au nom de la nation.
Dans lopposition, Jospin et Hue avaient promis dabroger les lois Pasqua-Debré. Ils ne lont pas fait. Les expulsions continuent au même niveau et avec la même brutalité quauparavant.
Si le gouvernement a régularisé plusieurs dizaines de milliers de sans-papiers, ceux-ci ont pour la plupart reçu des titres de séjour valables un an et ceux qui ont été déboutés vivent dans la peur de lexpulsion sommaire, dautant plus que les fichiers des demandeurs restent entre les mains des préfectures.
Abrogation de toutes les lois racistes !
A bas les contrôles policiers !
Egalité des droits pour tous, ouverture des frontières !
Droit dasile pour tous !
Arrêt des expulsions ; non au fichage des immigrés ! Fermeture immédiate de tous les centres de rétention !
Les travailleurs dans les aéroports, les gares et les ports, et les fonctionnaires dans ladministration doivent refuser toute coopération avec le gouvernement en matière dimmigration !
Pour une campagne syndicale de désobéissance active en soutien aux sans-papiers !
Pour la destruction des dossiers de régularisation sous contrôle des organisations ouvrières et des sans papiers !
Des papiers pour tous ! Nationalité française immédiate pour tout enfant né sur le sol français !
Pour la libre circulation de tous les travailleurs à lintérieur de lUnion européenne !
Pour le droit de tout travailleur dentrer dans lUnion européenne !
Non à la forteresse Europe ! A bas les accords policiers de TREVI et de Schengen !
Racisme et travail
Ce sont les mêmes qui déclarent que les immigrés et leurs enfants ne veulent pas sintégrer à la culture française, qui empêchent la seule intégration qui compte (celle qui a lieu dans le monde du travail), qui refusent aux immigrés ou à leurs enfants de jouir des droits les plus élémentaires : le droit au logement, le droit de vote...
A travers le racisme, les victimes de la crise en deviennent la cause. Or, si la crise frappe toute la classe ouvrière, les immigrés et les Français de la deuxième génération sont les plus touchés : éducation de deuxième classe, plus de chômage, des emplois précaires, à bas salaire. A lembauche ils font face à la discrimination dans les entreprises, toujours répandue malgré les lois.
Puis il y a le racisme qui existe au sein de la classe ouvrière. Ce cancer mine la combativité ouvrière et empêche la pleine participation des travailleurs noirs et beurs. Les dirigeants syndicaux ne font rien contre cette situation. Ils refusent de mener campagne efficacement pour organiser les travailleurs immigrés ou les chômeurs. Ils ne lancent pas de campagnes volontaires et déterminées contre le racisme et les lois sur limmigration.
A travail égal, salaire égal !
Pour une campagne de syndicalisation des travailleurs immigrés, pour le droit pour les travailleurs des secteurs qui sont victimes du racisme de sorganiser dans les syndicats afin de combattre le racisme au sein du mouvement ouvrier !
Droit de vote pour tous les immigrés à toutes les élections !
Révocation immédiate par la base de tout dirigeant syndical coupable de tenir des propos racistes !
Racisme et conditions de vie
Ce ne sont pas les immigrés ou leurs enfants qui sont responsables de la crise, et ce ne sont pas eux non plus qui sont responsables de la détérioration des quartiers populaires. Les responsables sont les capitalistes qui licencient et réduisent les salaires, ainsi que tous les gouvernements qui ont refusé dinvestir suffisamment dans les quartiers ouvriers par peur de trop prendre sur les profits, obligeant ainsi les communautés immigrées à vivre dans les quartiers les plus démunis.
Programme massif de dépenses publiques dans les cités ; construction de logements décents à échelle humaine, programmes culturels, sportifs et de formation, gratuits et de qualité !
Non à la discrimination au niveau du logement, de léducation et de lemploi à travers le contrôle ouvrier !
Pour le droit immédiat aux allocations pour tout immigré !
Pas de discrimination contre les épouses des hommes qui pratiquent la polygamie !
Autodéfense des cités contre les descentes policières !
Là où les habitants constatent de réels problèmes de sécurité dans les quartiers, il faut organiser des groupes dautodéfense démocratiques, contrôlés par les habitants, en particulier les jeunes, et les organisations ouvrières !
Racisme et foulard
Le racisme institutionnalisé de lEtat français encourage lidée selon laquelle la culture française est plus valable que les autres cultures. Lintégration veut dire le remplacement de la culture dorigine par la culture française. Lhypocrisie de lEtat a pour conséquence quon interdit le foulard islamique à lécole au nom de la défense de la laïcité, mais quon accepte le statut spécial de lAlsace-Lorraine où les crucifix ornent les murs des écoles de la République. Dautres encore justifient linterdiction du foulard au nom de la défense des femmes.
Mais de quelle défense des femmes parle-t-on lorsquon leur ferme laccès à une formation scolaire, en les privant donc de lopportunité dacquérir une qualification professionnelle ? En réalité il sagit dune attaque raciste contre le droit des musulmanes de pratiquer leur religion, une concession terrible au racisme prôné par le FN et le MNR. Le mouvement ouvrier doit choisir son camp et sopposer à la campagne contre le foulard, et ce malgré le fait que toutes les religions confinent à lobscurantisme et à loppression.
A la place de la laïcité trompeuse, née de la collaboration de classe de la Troisième République, il faut défendre létude matérialiste des religions et refuser lexistence des écoles confessionnelles en tous genres.
Non au renvoi des enfants dimmigrés des écoles pour délit culturel ou religieux ! Pour le droit des filles musulmanes de porter le hidjeb !
Cest aux jeunes femmes musulmanes elles-mêmes de faire le choix conscient de se libérer de leur religion, qui, comme toutes les grandes religions, opprime les femmes !
Non aux écoles confessionnelles !
Expropriation de toutes les écoles privées !
Pour un enseignement matérialiste sur lorigine et la nature de toutes les religions !
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