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22 avril 2002
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Le manifeste trotskyste

7. La lutte contre l’oppression sociale (1989)


Toutes les classes exploitées sont aussi confrontées à l’oppression. La dénégation systématique de l’égalité politique et économique et des libertés personnelles, expression de l’exploitation des producteurs par la classe dirigeante, renforce cette exploitation. En plus de cette oppression de classe, il existe d’autres inégalités dans les domaines économique, social, juridique et politique, qui elles, touchent spécifiquement les femmes, la jeunesse, les divers groupes raciaux et nationaux, et les homosexuel(le)s. Ces formes spécifiques de l’oppression sociale sont un élément fondamental de la société de classe. Elles sont profondément ancrées dans les structures sociales de la famille et de la nation.

L’oppression des femmes, qui se développa en même temps que l’apparition des classes, est la forme la plus fondamentale de l’oppression sociale, mais toutes les formes d’oppression ont été transformées à chaque mode de production. C’est à l’époque impérialiste qu’elles se sont développées, et qu’elles ont prises leur forme la plus achevée et, dans beaucoup de cas, leur forme la plus brutale.

Les structures sociales sur lesquelles est basée l’oppression sont essentielles pour le capitalisme. Les fonctions de ces structures sont intimement et intrinsèquement liées à l’exploitation, mais l’oppression qu’elles engendrent n’est pas limitée à la seule classe ouvrière. Du fait de leur rôle au sein de la famille, les femmes de toutes classes sont opprimées et défavorisées par rapport aux hommes. Toutefois, ce sont les travailleuses — et, par extension, la jeunesse, les noirs et les homosexuel(le)s de la classe ouvrière — qui subissent l’oppression sociale la plus forte.

La classe ouvrière est la seule classe qui a un intérêt décisif et le pouvoir de renverser le système qui maintient toutes ces formes d’oppression. C’est seulement sous la direction de la classe ouvrière que les couches opprimées des classes exploitées peuvent être mobilisées dans la lutte pour la dictature prolétarienne, condition préalable de la destruction de toute oppression. La classe ouvrière doit donc à tout moment pousser à la lutte contre les inégalités, l’oppression et l’exploitation.

Pourtant, les organisations ouvrières actuelles ne prennent pas souvent le flambeau de la lutte contre l’oppression sociale. Fréquemment, les bureaucrates réformistes qui dominent le mouvement ouvrier encouragent activement l’hostilité des masses vis-à-vis des opprimés et de leurs revendications.

Les opprimés subissent le sexisme, le racisme et les préjugés anti-homosexuels. De cette façon leur participation à la vie politique et syndicale est bloquée. La tâche de l’avant-garde révolutionnaire consiste à combattre ces préjugés et à pousser les organisations de masse de la classe ouvrière à lutter contre l’oppression.

Ce n’est pas parce qu’ils font partie des couches les plus opprimées de la société que les opprimés sont au premier rang des luttes. L’exploitation capitaliste et l’oppression ne produisent pas que des combattants révolutionnaires : elles ont aussi pour résultat de produire des êtres soumis et rétrogrades.

Beaucoup d’opprimés adoptent des idéologies réactionnaires ou se retranchent dans la vie privée. Les plus conscients luttent pour leur propre libération. La participation de cette avant-garde à la lutte de classe générale permettra la prise en compte de leurs intérêts par la classe ouvrière.

Des méthodes spécifiques d’agitation, de propagande et de travail doivent être utilisées afin de gagner les opprimés au programme communiste. Des formes spéciales d’organisation pourraient être nécessaires pour les mobiliser dans la lutte contre leur propre oppression, et pour leur permettre d’accéder au mouvement ouvrier comme les autres travailleurs. Les révolutionnaires doivent défendre le droit des opprimés à s’organiser au sein des organisations ouvrières pour que leurs revendications soient soulevées par toute la classe ouvrière.

De plus, dans le passé, des mouvements d’opprimés, enracinés dans la classe ouvrière, ont été nécessaires pour que ces objectifs soient atteints. De telles méthodes et formes organisationnelles n’ont rien à voir avec le séparatisme. Elles sont un moyen de faciliter le développement de l’unité combative de la classe ouvrière, et d’assurer que le mouvement ouvrier tout entier soit le premier dans le combat des opprimés.

En premier lieu, le parti révolutionnaire doit s’assurer que dans son travail quotidien et dans son organisation interne il répond aux besoins des opprimés. Là où il existe un parti révolutionnaire de masse, des sections du parti pour les opprimés, ou des mouvements d’opprimés dirigés par le parti, peuvent être formés. De telles sections intégreront les opprimés au parti pour la lutte révolutionnaire. Ceux-ci, devenus militants, mèneront le combat contre l’oppression avec leurs camarades au sein du mouvement ouvrier.

Mais aujourd’hui, les communistes révolutionnaires ne sont qu’une petite minorité dans le mouvement ouvrier. C’est pourquoi la construction de sections de masse du parti, chargées du travail parmi les opprimés, doit utiliser d’autres formes de front unique. Dans plusieurs pays, l’oppression sociale a conduit des opprimés à construire des mouvements de femmes, d’homosexuel(le)s, de jeunes ou de victimes du racisme. Le parti révolutionnaire ne peut laisser la direction de tels mouvements aux utopistes petit-bourgeois, aux sociaux-démocrates ou aux staliniens.

Nous soutenons la construction de fronts uniques contre l’oppression, et nous combattons pour qu’ils soient basés sur et dirigé par le prolétariat et ses méthodes de lutte de classe. Dans certains cas, de tels fronts pourraient prendre la forme d’un véritable mouvement — avec des congrès, des sections locales, des comités exécutifs etc. Mais la forme organisationnelle doit être en rapport avec les circonstances réelles. La durée d’une telle organisation dépendra de notre succès à gagner le mouvement ouvrier à notre programme. Si nos alliés temporaires au sein de ces mouvements cherchent à briser ou à trahir le combat des opprimés, nous n’hésiterons pas à rompre avec eux, et à scissionner ainsi le mouvement.

Nous opposons cette tactique à toute forme de mouvement des opprimés basée sur l’autonomie ou la collaboration de classe. L’avant-garde révolutionnaire cherche à convaincre la classe ouvrière et d’autres classes opprimées de rompre leur alliance avec les forces bourgeoises impliquées dans leurs mouvements. Par la construction de mouvements prolétaires d’opprimés et par la lutte pour une direction communiste au sein de ces mouvements, nous combattons avec acharnement le séparatisme et la collaboration de classe qui tendent à se développer parmi les opprimés. Notre objectif est de construire des mouvements communistes d’opprimés, même si tous les participants à de tels mouvements ne seraient pas des militants agissant sous la discipline du parti communiste révolutionnaire.


La lutte contre la discrimination

Sous le capitalisme, d’autres couches de la société, à part les opprimés, subissent la discrimination. Les personnes âgées, les handicapés et les malades, qui sous le capitalisme ne sont pas reconnus aptes à travailler, sont traités comme un fardeau pour la société et sont laissés pour compte. Pour survivre, une partie importante de la population pauvre est stigmatisée et poussée à des actions criminelles, tandis que d’autres, exclus de la société sont définis comme des malades mentaux. La société bourgeoise marginalise ces groupes afin d’imposer sa morale et son idéologie de la “normalité” sur toute la classe ouvrière, poursuivant ainsi sa stratégie qui consiste à diviser pour mieux régner. Par exemple, l’isolement forcé des personnes âgées peut les entraîner au conservatisme ; les restrictions imposées aux handicapés permettent d’en faire des travailleurs à bon marché, de surcroît non-syndiqués. Les révolutionnaires doivent soutenir le combat des personnes âgés, des malades et des handicapés contre une telle discrimination. Un tel soutien faciliterait l’intégration de ces couches dans la classe ouvrière, et renforcerait ainsi la lutte contre l’ennemi commun. Les révolutionnaires doivent lutter pour que le mouvement ouvrier avec ses différentes organisations, sa vie sociale et ses réunions soit le plus ouvert possible à tous les travailleurs. Le parti révolutionnaire doit montrer l’exemple aux autres secteurs du mouvement ouvrier.

Les révolutionnaires cherchent à gagner des militants parmi ceux qui souffrent de la discrimination. Nous soutenons toutes les luttes pour les réformes, mais nous expliquons en même temps que la recherche du profit empêche le capitalisme de répondre aux besoins de ceux qu’il écarte systématiquement de la société. Qui plus est, sa nature rapace crée la maladie et l’invalidité. Seule la production planifiée et socialisée peut libérer les ressources nécessaires pour intégrer pleinement ces groupes dans la société, et ouvrir la voie à leur libération.


Les femmes

Partout dans le monde, l’impérialisme condamne des millions de femmes à l’éducation des enfants et à l’organisation de leur ménage dans des conditions misérables qui impliquent des privations énormes. Les femmes sont les premières à faire face à ces conditions misérables : logement inadapté, manque de nourriture, maladie. De plus, la majorité des femmes ne connaissent que la surexploitation que ce soit à l’usine ou à la campagne.

Les femmes de toutes les classes se voient refuser l’égalité économique, sociale, juridique et politique avec les hommes. La subordination des femmes semble être le résultat naturel de leur capacité à donner naissance aux enfants. Mais leur oppression systématique n’a commencé qu’avec le début de la société de classe, et avec la création de la famille patriarcale, base de la société avec ses différentes composantes : reproduction, puériculture et lutte quotidienne pour survivre. A travers les différentes société de classe, les formes d’oppression des femmes ont changé. Mais cette oppression se traduit toujours par le travail domestique privé, domaine de la responsabilité des femmes.

A l’époque impérialiste, les femmes effectuent une grande part du travail à la terre ou à l’usine, mais la famille et la maison demeurent leur responsabilité première. L’inégalité entre l’homme et la femme vis-à-vis du travail salarié est une conséquence de cette situation. Cette inégalité est à l’origine de l’oppression des femmes. Dans beaucoup de semi-colonies, la famille fonctionne toujours comme unité de production, où les femmes et les enfants sont essentiels à la production collective. Mais là aussi, les femmes sont d’abord responsables du travail domestique et de la puériculture ; elles sont subordonnées au chef de la famille.

Comme l’Histoire le montre, le capitalisme n’a ni la volonté ni la capacité de socialiser le travail domestique de façon systématique. En conséquence, il ne peut mettre fin à l’oppression des femmes. Les patrons n’ont pas pu socialiser les laveries, les cantines et la puériculture à cause de la baisse de la plus-value qui en résulterait. Les seules exceptions partielles à cette situation ont eu lieu pendant des guerres.

Pour les femmes qui n’appartiennent pas à la classe ouvrière, l’oppression prend une forme très différente : dans certaines classes dirigeantes, les femmes ne peuvent jouir de leurs pleins droits de propriété et de succession ; leurs maris les traitent comme des biens décoratifs et des productrices d’héritiers. Même si l’oppression de ces femmes est très loin des corvées et de la misère des travailleuses, elle existe pourtant du fait de leur rôle dans la famille. La production d’héritiers exige que ces bourgeoises soient fidèles à leurs maris.

Toutefois, les femmes de la classe dirigeante peuvent éviter les pires aspects de leur oppression, par l’embauche de travailleuses chargées des tâches domestiques et de la garde des enfants. Ces bourgeoises ne peuvent jamais être les véritables alliées des travailleuses : leur intérêt dans la société bourgeoise signifie qu’elles sont complètement liées à cette société qui est en même temps la base matérielle de l’oppression des femmes.

Dans les pays impérialistes, le nombre de salariées a augmenté massivement depuis la deuxième guerre mondiale. Dans beaucoup de pays, la majorité des femmes mariées maintenant travaille. Tandis que cette évolution a pu diminuer — d’une certaine façon — la dépendance économique et sociale des femmes, les circonstances dans lesquelles cette évolution s’est faite rendent ce changement contradictoire pour les travailleuses.

Aujourd’hui, la plupart des femmes doivent travailler à l’usine ou au bureau, puis assurer toutes les tâches domestiques à la maison. Elles ont acquis le droit au travail salarié, mais les hommes n’ayant pas beaucoup augmenté leur contribution au travail domestique, elles sont obligées de travailler encore plus qu’auparavant. Et parce que les salaires des femmes sont toujours plus bas que ceux des hommes, leur indépendance économique est presque entièrement fictive. Dans la plupart des pays impérialistes, des restrictions légales renforcent la dépendance continuelle des femmes vis-à-vis de leur mari ou de leur père.

En plus de son rôle dans la reproduction de la force de travail, la famille joue un rôle important dans le maintien de l’ordre social de la société capitaliste. Elle renforce l’idéologie dominante de la classe dirigeante, maintient les rôles respectifs de l’homme, de la femme et de l’enfant, et inculque l’obéissance et la soumission.

Même là où la famille nucléaire n’est plus la forme de ménage la plus répandue — comme c’est le cas aujourd’hui dans certains pays impérialistes — sa force idéologique en tant qu’“idéal” est telle qu’elle influence tous les aspects de la vie des femmes. De l’éducation des filles au type de travail fait par les femmes, en passant par les rapports qu’elles entretiennent, tout est conditionné par la famille bourgeoise. Basée sur la monogamie et l’hétérosexualité, celle-ci exerce une forte pression pour que les filles et les femmes se conforment à ses normes. Les rôles respectifs des hommes et des femmes au sein de la famille sont un obstacle à leur épanouissement en tant qu’individus, mais l’effet est particulièrement répressif chez les femmes.

La famille produit une division dans la classe ouvrière qui est maintenue par l’idéologie du sexisme. Dans le mouvement ouvrier, cela ne concerne pas seulement les idées rétrogrades de certains travailleurs sur le rôle des femmes mais implique aussi l’acceptation ou la participation active dans l’exclusion des femmes du mouvement syndical.

Un tel sexisme a aussi pour conséquence le refus de combattre pour des salaires égaux ou le refus de soutenir les femmes en lutte. Alors que l’oppression des femmes n’est pas directement produite par l’attitude des hommes travailleurs, le sexisme de ces derniers la renforce continuellement, de façon souvent brutale, à travers l’abus et la violence familiale.

Les hommes de la classe ouvrière profitent matériellement de l’oppression des femmes. Ils en retirent un meilleur statut au sein de leur ménage et dans la vie sociale. Ils ont accès aux meilleurs emplois, et ne supportent presque pas le fardeau du travail domestique. Ces privilèges tendent à renforcer les idées et les comportements sexistes dans la classe ouvrière.

Néanmoins, les travailleurs hommes gagneront beaucoup plus à la libération finale des femmes qu’apportera par le socialisme et impliquera une responsabilité collective pour le bien-être, la liberté dans les rapports personnels, la libération sexuelle. De plus, elle apportera d’énormes acquis économiques.

Du point de vue historique donc, les travailleurs hommes ne profitent pas de façon décisive de l’oppression des femmes. Néanmoins, ils ne peuvent pas réaliser leurs intérêts fondamentaux de classe à cause de cette oppression. C’est la classe dirigeante, aidée par ses agents dans la bureaucratie ouvrière, qui bénéfice de la division ainsi créée entre les travailleurs et les travailleuses.


La lutte contre l’oppression des femmes dans les pays semi-coloniaux

Dès la jeunesse, les femmes prolétariennes des pays semi-coloniaux sont obligées de travailler pour un salaire de misère. Après une longue journée de travail les attendent le travail domestique, voire un autre emploi, pour assurer la survie de la famille. La situation n’est guère mieux pour les paysannes qui, elles, doivent souvent travailler à la maison puis à la campagne parce que l’homme de la famille est obligé de travailler en ville. Un grand nombre de femmes sont poussées vers la prostitution par la pauvreté, les mauvaises conditions de travail et le chômage.

Même si l’impérialisme affaiblit les bases économiques des systèmes patriarcaux traditionnels, les anciennes formes d’oppression des femmes existent toujours (dot, ablation du clitoris, polygamie...). L’immolation des veuves en Inde est un exemple particulièrement brutal de ce phénomène. L’analphabétisme parmi les femmes des pays semi-coloniaux est encore plus élevé que parmi les hommes.

Malgré des progrès médicaux, la plupart des femmes des pays semi-coloniaux n’ont aucun contrôle sur leur fertilité : chaque année, en Afrique et en Asie, 500 000 bébés meurent à la naissance. Seule une mince couche privilégiée de la société peut profiter des avantages apportées par le capitalisme (par exemple, l’éducation ou un système de santé).

Il n’est pas étonnant que dans ces conditions d’oppression des milliers de femmes aient participé, souvent au prix de leur vie, aux luttes anti-impérialistes au Vietnam, au Nicaragua, en Palestine et aux Philippines. Malgré ce sacrifice, leurs intérêts ont toujours été trahis. Les mouvements petit-bourgeois et staliniens se sont montrés finalement incapables de les libérer. En Afghanistan, par exemple, le PDPA (le parti stalinien au pouvoir) était prêt à mettre fin à la campagne d’alphabétisme parmi les femmes afin de faire un compromis avec des dirigeants tribaux islamiques.

Contre de telles trahisons, nous luttons pour que la libération des femmes soit partie intégrante de la stratégie prolétarienne révolutionnaire. Les travailleuses et les paysannes doivent être organisées autour des revendications économiques et sociales : la protection contre le viol, la stérilisation forcée, la traite des femmes ou contre la réclusion forcée au service du “tourisme sexuel” (par exemple en Thaïlande).

Quand les femmes des pays semi-coloniaux échappent à ces conditions, elles font souvent partie des millions d’immigrées recrutées pour travailler dans les métropoles impérialistes, où elles font le travail le plus dégradant dans des conditions épouvantables et pour un salaire de misère.

Les immigrées sont perpétuellement menacées par les contrôles d’immigration, les restrictions sur les visas ou les autorisations de travail. Elles n’ont pas accès à beaucoup d’emplois ; ainsi, par le type de travail qu’elles trouvent, elles sont isolées des autres travailleurs, des syndicats et du mouvement ouvrier. Les immigrées sont souvent femmes de ménage dans les familles riches, où, n’étant pas syndiquées, elles sont hautement exploitées. Elles n’ont en général ni droit aux indemnités chômage, ni à la protection juridique contre le renvoi arbitraire, et ne possèdent aucun droit politique et social.

Nous exigeons que dans tous les pays, les travailleurs domestiques aient le droit de se syndiquer et d’être indemnisé, qu’ils bénéficient de la journée de huit heures avec un salaire minimum décent, de la sécurité sociale etc. Nous exigeons que le mouvement ouvrier et syndical prenne des mesures spéciales pour organiser cette section de la classe ouvrière.


Pour un mouvement des femmes travailleuses !

Pour mettre fin à l’oppression des femmes, il faut détruire la séparation fondamentale qui existe entre le travail domestique et l’ensemble de la production sociale. Pour être libérées de leur oppression, les femmes doivent être pleinement et également impliquées dans la production, et le travail domestique doit être organisé collectivement au sein d’une économie socialiste planifiée. Seul le programme socialiste peut garantir la socialisation du travail domestique et de la puériculture. Mais même sous le capitalisme, nous pouvons avancer vers cet objectif en luttant pour le droit des femmes au travail salarié.

Alors que le patronat considère qu’il n’y a pas de travail pour les femmes, nous revendiquons l’échelle mobile des heures de travail, et le partage du travail sans perte de salaire. Les patrons utilisent le travail à mi-temps pour augmenter l’exploitation des femmes par les bas salaires, l’absence de protection juridique, et le travail “flexible”. Nous exigeons la pleine protection juridique pour les travailleurs à mi-temps, dans la lutte pour la réduction de la journée de travail pour tous les travailleurs, sans perte de salaire. Nous exigeons que la garde des enfants et les soins apportés aux autres personnes à charge soient socialisés, afin que les femmes puissent participer à la production sociale à égalité avec les hommes.

Même lorsque beaucoup de femmes participent au travail salarié, elles ne deviennent pas pour autant économiquement indépendantes. Pour se protéger contre la surexploitation dont elles souffrent actuellement, on doit leur accorder à travail égal un salaire égal, ceci dans l’intérêt de la classe ouvrière toute entière. Loin de protéger le salaires des hommes, comme le prétendent certains dirigeants syndicaux réformistes, les bas salaires des femmes minent les salaires masculins, et diminuent le niveau de vie de tous les travailleurs. Pour un salaire minimum, égal entre les hommes et les femmes, à un niveau décidé par la classe ouvrière ! Les salaires des femmes doivent être protégés par l’échelle mobile des salaires. Les femmes de la classe ouvrière seraient des participantes essentielles dans les comités qui surveillent les prix et définissent les revendications salariales. Dans les pays semi-coloniaux, il faut lutter aussi pour que les femmes obtiennent l’égalité en ce qui concerne le droit de posséder ou de louer des terres.

L’inégalité dont souffrent les femmes et les filles en matière d’éducation et de formation se traduit par l’impossibilité pour elles d’avoir accès aux mêmes emplois que les hommes. Or, par l’éducation et la formation payées par le patronat et sous le contrôle des syndicats, des travailleuses et des apprenties, les femmes doivent avoir les mêmes possibilités professionnelles que les hommes. De même, la possibilité d’accéder à l’éducation doit être égale chez les filles et les garçons. Des programmes d’alphabétisation doivent être mis en place dans les pays où sévit un fort taux d’analphabétisme féminin.

Il faut exiger un système de garde socialisé, gratuit pour tous, sous le contrôle des travailleuses et des syndicats, ainsi qu’un long congé de maternité pour aider les femmes dont la responsabilité principale est toujours d’élever leurs enfants. Il doit aussi y avoir des congés de paternité. A celles qui, à cause de l’incapacité du capitalisme à fournir un soutien social aux personnes à charge, ne peuvent pas trouver un emploi rémunéré, l’Etat doit verser des allocations de chômage, à un taux déterminé par le mouvement ouvrier de chaque pays. Cette revendication doit être liée au combat de la classe ouvrière pour permettre aux femmes qui ont à leur charge des enfants ou des parents malades ou handicapés, de pouvoir travailler. Nous sommes pour l’organisation collective des laveries et des restaurants, subventionnés par l’Etat et placés sous le contrôle ouvrier.

Du fait de leur rôle dans la reproduction, les femmes ne peuvent exercer certains métiers, dangereux pour leur santé ou pour celle de leurs enfants. Il faut adopter des lois qui protègent les travailleuses contre les dangers de certains travaux. Lorsqu’une telle législation a été mise en oeuvre dans des pays capitalistes, c’est grâce à la conjugaison de la pression ouvrière et de la réalisation de certaines sections capitalistes. Celles-ci voulaient prévenir l’effondrement du système basé sur le profit et du même coup, celui de la classe ouvrière, tous deux menacés à long terme par la course aux bénéfices. De plus, les grands patrons ont compris qu’une telle législation pourrait mener à la destruction des petites entreprises. La classe ouvrière doit toujours surveiller l’exécution d’une telle législation, parce que les patrons vont toujours tricher et trouver des moyens de contourner la loi pour maximiser l’exploitation des femmes. Pour exclure les femmes de certains emplois qualifiés et afin de protéger leurs propres intérêts sectoriels, l’aristocratie ouvrière et les dirigeants syndicaux se sont servis de la législation protectrice. C’est aux comités de travailleuses, et non pas aux bureaucrates syndicaux, de décider quels sont les travaux qui sont nuisibles à la santé des femmes.

Les femmes ne possèdent pas le contrôle de leur corps : elles sont obligées de porter des enfants qu’elles ne désirent pas, ou au contraire, empêchées de faire des enfants quand elles le désirent. Elles sont soumises au mariage obligatoire et ne peuvent divorcer sans difficultés. En somme, elles ne possèdent pas le contrôle de leur propre fertilité. Pour que les femmes puissent participer à égalité avec les hommes à la production et à la vie sociale et politique, la naissance d’un enfant devra relever d’un choix actif de la part de la femme. La mise en place d’un système de contraception et d’avortement libres et gratuits pour toutes les femmes, est donc essentiel.

Dans plusieurs pays du monde semi-colonial, les femmes souffrent d’une oppression dont l’origine remonte aux anciens modes de production et leurs idéologies religieuses. Nous sommes contre la circoncision forcée des femmes, qui fait partie de cette oppression. Les semi-colonies souffrent aussi de la pression de l’impérialisme qui, lui, exige que le soi-disant “problème de la surnatalité” soit résolu au dépens des droits des femmes. Aucune femme ne doit être stérilisée de force. La participation des femmes à la vie sociale est limitée par les codes légaux, sociaux et religieux, et elles sont souvent sujettes à l’abus psychologique ou physique. Le mariage forcé et la traite des femmes doivent être interdits par la loi, et ces lois doivent être appliquées par la classe ouvrière. Toutes les femmes, quelque soit leur âge ou leur état civil, doivent pouvoir jouir de leurs droits légaux et d’allocations. A bas le port obligatoire du voile, à bas toute exclusion des femmes de la vie publique !

Les femmes ne peuvent être libérées que si ces revendications, qui expriment leur intérêt immédiat, font partie d’un programme pour le pouvoir prolétarien. La lutte pour des revendications immédiates et transitoires peut mobiliser les travailleuses et les paysannes dans le combat de toute la classe ouvrière pour le pouvoir ouvrier. Si les femmes ne sont pas convaincues par cette politique, elles peuvent rester un secteur passif ou arriéré de la classe ouvrière, étant donné qu’elles sont touchées par la propagande bourgeoise, et notamment par la religion. Gagnées à l’action ouvrière unie, les femmes peuvent convaincre les hommes de la classe ouvrière de rompre avec l’idéologie sexiste qui divise et affaiblit le mouvement ouvrier, et obtenir des acquis sociaux tandis qu’elles avancent vers la révolution socialiste et vers leur propre libération.

Les femmes doivent être syndiquées, et organisées pour imposer leurs revendications aux dirigeants syndicaux. Nous sommes contre la création de syndicats féminins dans les entreprises où hommes et femmes sont employés, même si le sexisme des bureaucrates syndicaux rend très difficile la participation des femmes à la vie syndicale. Il faut combattre pour unir travailleurs et travailleuses, et défendre en même temps le droit des femmes à s’organiser au sein des syndicats et à tous les niveaux du mouvement ouvrier. Nous exigeons que les dirigeants syndicaux soutiennent politiquement et financièrement des campagnes pour syndiquer toutes les travailleuses ; celles qui travaillent à temps partiel doivent bénéficier de cotisations réduites mais des mêmes droits syndicaux que les autres.

Nous reconnaissons que le legs du rôle des femmes sous le capitalisme — leur responsabilité pour la puériculture et les soins — implique que, dans les périodes de lutte de classe accrue ou de crises révolutionnaires, beaucoup d’entre elles sont mobilisées autour de l’organisation de l’assistance sociale et de tout ce qui s’y rapporte. Néanmoins, le parti révolutionnaire doit lutter pour que des mesures spéciales soient prises qui permettront aux femmes de jouer un rôle à tous les niveaux de la lutte des classes et de participer à l’activité politique sans être entravées par leur responsabilité sociale.

Un mouvement des femmes travailleuses, dirigé par des révolutionnaires et armé d’un programme pour la dictature du prolétariat, est essentiel si les femmes jouent un rôle positif et vital dans la lutte révolutionnaire. Pour organiser les femmes exclues de la production (femmes au foyer, chômeuses, handicapées), il est nécessaire de créer un mouvement qui rassemble un grand nombre de travailleuses.

Un tel mouvement, rassemblant des femmes organisées dans les usines, les bureaux, les fermes, les quartiers et les syndicats, pourrait à la fois lutter pour les intérêts des femmes, contre les préjugés des travailleurs hommes, et pour le renversement révolutionnaire du capitalisme. Dans les combats-clés de la classe ouvrière, les femmes organisent souvent leurs propres comités et groupes. Quelle que soit la forme que prennent ces organisations de femmes, les révolutionnaires doivent lutter pour leur transformation en mouvement prolétarien rassemblant travailleuses, paysannes et secteurs opprimés de la petite bourgeoisie.

Aujourd’hui, les révolutionnaires n’étant pas à la direction de la masse des travailleuses, l’organisation d’un tel mouvement est une tâche importante. Nous exigeons des dirigeants sociaux-démocrates et staliniens de la classe ouvrière qu’ils soutiennent, financièrement et politiquement, la construction d’un mouvement prolétaire des femmes. Nous pouvons ainsi créer un front unique avec les secteurs les plus militants des travailleuses, et, par des actions unies et la propagande communiste, chercher à les convaincre de rompre avec leurs dirigeants traîtres.

Les femmes des autres classes, les paysannes, puis, dans les pays impérialistes, les petites bourgeoises des villes, seront entraînées dans la lutte, et suivront la direction des femmes prolétariennes. Suivre la ligne féministe visant à construire un mouvement des femmes rassemblant les femmes de toutes classes sociales serait abandonner les intérêts des travailleuses. Dans certains pays semi-coloniaux, la possibilité d’une alliance temporaire avec des secteurs de mouvements bourgeois de femmes existe. Mais une telle alliance n’est possible que si les bourgeoises luttent et se mobilisent autour des revendications qui seront au minimum bourgeoises démocratiques (par exemple le combat du Congress Party d’Inde contre l’immolation des veuves). La liberté de propagande et d’organisation est la condition préalable pour l’action unie entre les prolétariennes et les bourgeoises. Aucun obstacle ne doit entraver les trotskystes dans leur travail révolutionnaire.

Nous sommes opposés à l’idée d’un mouvement “autonome” des femmes, parce qu’il exclut la possibilité que ce mouvement soit gagné au programme révolutionnaire, et qu’il cherche à empêcher les femmes communistes d’intervenir dans le mouvement en tant que militantes disciplinées de leur organisation. Au contraire, les militantes communistes cherchent à gagner la majorité des femmes prolétaires qui font partie d’un tel mouvement pour qu’elles soutiennent le programme révolutionnaire et élisent des militantes communistes à sa direction. L’idée d’autonomie et sa mise en oeuvre impliquent aussi l’exclusion des hommes des organisations — voire des réunions — de femmes. Les travailleuses ne peuvent détruire le capitalisme et mettre fin à leur oppression sans s’unir au combat que mène le reste de leur classe, c’est à dire avec les travailleurs hommes. L’exclusion des hommes du mouvement des femmes est un obstacle inutile dans la lutte contre le sexisme. Ce combat doit impliquer l’éducation des travailleurs lors de la lutte commune avec les travailleuses.


La jeunesse et les enfants

Les enfants des travailleurs et des paysans subissent le plus fortement l’abus et l’exploitation capitaliste. Les jeunes ne bénéficient pas des droits les plus élémentaires susceptibles de garantir leur indépendance. Ils n’ont le droit ni de garder leur salaire, ni l’accès indépendant aux indemnisations de l’Etat : ils ne peuvent choisir ni où ni comment mener leur vie. Toutefois, les jeunes sont jugés être assez mûrs en temps de guerre pour intégrer les forces armées, où ils seront sacrifiés par millions pour défendre l’ordre bourgeois.

La famille est la structure sociale qui crée et maintient l’oppression de la jeunesse. Comme pour les femmes, cette subordination n’est pas le produit naturel et inévitable de la vie, mais celui de la société de classe. Les enfants apprennent à se comporter au sein de la famille individuelle où ils sont élevés. Qui plus est, c’est dans la famille que les règles qui dominent la vie adulte sont apprises. Tandis que les enfants ouvriers apprennent à être des travailleurs obéissants, les fils de la bourgeoisie apprennent à être des généraux ou des dirigeants de l’industrie, les filles des épouses obéissantes et les mères de futurs héritiers.

La jeunesse ouvrière et paysanne est sujette à la plus forte oppression. Le manque de formation et la surexploitation des jeunes s’ajoutent à l’oppression familiale. Cette jeunesse est employée dans les industries où son travail est fondamental et où les salaires sont les plus bas. Cette situation est l’expression même de la place qu’occupent les jeunes au sein de la famille : du fait de faibles salaires justifiés par leur appartenance à une unité économique plus grande, la dépendance des jeunes vis-à-vis de leurs parents est accrue. Au lycée et à l’université, la jeunesse ouvrière reçoit peu ou pas de rémunération, et se voit proposer une formation bidon qui sert les intérêts de la bourgeoisie.

Sous sa forme la plus extrême, la situation de la jeunesse est celle de l’esclavage, le salaire étant versé au chef de famille, qui est normalement le père. Là où le travail des enfants est accepté, comme dans la plupart des semi-colonies, les patrons n’ont aucun souci pour le bien-être de ceux-ci, exploités jusqu’à la mort. La pauvreté des parents est telle qu’ils ne voient pas d’autre possibilité que d’envoyer leurs enfants dans l’enfer de la surexploitation. Patrons et parents ignorent les lois qui protègent les enfants ; cette situation démontre la vérité de la phrase de Marx selon laquelle le droit dans une société donnée ne peut être plus élevé que la base économique de celle-ci.

La répression de la vie sexuelle des jeunes est une autre conséquence de cette dépendance économique et juridique. Dans la société de classe, une telle répression est un facteur essentiel pour développer conformisme et soumission. Les enfants n’ont pas le droit d’avoir une compréhension rationnelle de leur sexualité et du rapport de leur sexualité avec les responsabilités sociales. Toute expression franche de leur sexualité est niée ; même les sentiments qui correspondent à la norme hétérosexuelle prônée par la société bourgeoise sont réprimés. A la place d’une telle liberté, la jeunesse ne connaît que des tabous moraux et religieux, qui ne servent qu’à obscurcir leur conscience par des peurs irrationnelles. Toute la vie émotionnelle de l’enfant est obligatoirement centrée et fixée sur ses parents. Ainsi, les idées bourgeoises à propos de “l’individu” et du “privé” sont renforcées, au dépens des idéaux coopératifs ou collectifs.

Pour libérer la jeunesse de sa subordination économique, sociale, juridique et sexuelle, il faut transformer la société pour que la famille ne soit plus le lieu exclusif du travail domestique et de la garde des enfants. Une telle transformation créerait à la fois les conditions préalables pour la libération des femmes et libérerait les jeunes de leurs parents. Les jeunes auraient la possibilité d’avoir autant de contacts avec leurs parents qu’ils le voudraient, et une bonne organisation sociale serait mise en place mettant à la disposition de tous : logements, nourriture, laveries municipales, garderies d’enfants, fournitures diverses, vêtements et équipements de loisirs. L’indépendance économique, une bonne formation et la protection contre la surexploitation sont des revendications-clés pour la jeunesse. Pour surmonter les grandes différences de salaire qui existent entre les jeunes travailleurs et les adultes, il faut lutter pour obtenir à travail égal un salaire égal, sous contrôle ouvrier.

Quand les jeunes entreront dans le monde du travail, leurs heures de travail devront être réduites et ils devront bénéficier de plus de vacances que les adultes. Pour la jeunesse scolarisée, les heures de travail doivent être strictement limitées, et les conditions de travail surveillées par la classe ouvrière et par des comités de jeunes travailleurs. Des lois protégeant les jeunes sont nécessaires pour interdire le travail de nuit, les longues heures de travail, et le travail nuisible à la santé ou au développement des jeunes. L’application d’une telle législation doit être placée sous le contrôle des travailleurs et des jeunes eux-mêmes.

Toute la classe ouvrière devra lutter pour l’éducation et la formation de la jeunesse. Les patrons devront assurer l’instruction à plein temps, par un soutien financier aux familles, versé directement aux jeunes quand ils seront plus âgés. L’instruction doit être gratuite, tous les frais devant être payés par l’Etat. Elle doit être obligatoire et ouverte à tous jusqu’à un âge déterminé par le mouvement ouvrier. Nous luttons contre le principe du concours qui limite la possibilité d’instruction des jeunes. Une bourse décente, protégée de l’inflation, doit être accordée à tous ceux qui poursuivent leur formation au-delà de la fin de scolarisation et son taux doit être décidé par des comité d’étudiants, de travailleurs et de professeurs.

L’instruction doit être ouverte à tous, sans distinction de sexe. Le mouvement ouvrier doit lutter pour que toutes les écoles soient mixtes. L’instruction doit être laïque, débarrassée de toute propagande religieuse. L’Etat ne doit accorder aucune subvention aux écoles confessionnelles. Nous voulons libérer le programme scolaire de toutes tendances bourgeoises et nous luttons pour l’enseignement de l’histoire du mouvement ouvrier et de l’exploitation capitaliste tel qu’elle est.

Pour surmonter la division entre le travail physique et le travail intellectuel, élément de toute éducation bourgeoise, nous voulons intégrer, du lycée à l’université, l’enseignement théorique à l’expérience du monde du travail. En même temps, le mouvement ouvrier doit empêcher les capitalistes d’utiliser les étudiants, les apprentis ou les jeunes en stage de formation comme main-d’oeuvre à bon marché.

Nous combattons pour que des équipements culturels et sportifs adéquats soient construits et pour que les questions sexuelles, sociales et politiques puissent être librement discutées à l’école. Nous exigeons que les jeunes apprennent à utiliser les armes, bien que nous nous opposions à toute présence policière ou militaire au sein des établissements scolaires.

Nous luttons pour que l’enseignement soit sous le contrôle de la classe ouvrière, des élèves et des étudiants. Tout en luttant contre l’enseignement privé et pour la nationalisation de l’université, nous voulons préserver l’autonomie de tout établissement scolaire appartenant à l’Etat capitaliste. Ces institutions doivent être sous le contrôle direct des représentants du mouvement ouvrier, des travailleurs, des étudiants, des enseignants, élus par les assemblées générales composées de tous ceux qui travaillent dans ces institutions à raison d’une voix par personne.

Les élèves et les étudiants doivent avoir le droit d’organiser leurs propres syndicats et organisations politiques. Les représentants du mouvement ouvrier doivent avoir le droit d’accès aux établissements scolaires. Il faut chasser les fascistes de l’école, du lycée et de l’université. Les comités des travailleurs et d’étudiants doivent lutter pour le droit de veto sur la nomination des enseignants réactionnaires.

Les étudiants en tant que tels ne sont pas toujours les alliés de la classe ouvrière. La plupart des étudiants sont originaires de la bourgeoisie ou de la classe moyenne. Beaucoup d’entre eux bénéficient de privilèges énormes de par leur éducation. Néanmoins, ces étudiants — futurs scientifiques, technocrates, avocats ou artistes — peuvent et doivent être gagnés au mouvement ouvrier révolutionnaire, pour le renforcer.

A chaque génération, depuis Marx et Engels, les meilleurs éléments de l’intelligentsia ont été conquis à la cause prolétarienne. Dans les pays capitalistes et les Etats ouvriers dégénérés, les luttes d’étudiants ont montré que ceux-ci ont un rôle à jouer, aux côtés de l’avant-garde prolétarienne, dans la lutte pour le socialisme.

Nous combattons ainsi pour l’unité entre travailleurs et étudiants. Celle-ci s’exprime par des liens permanents entre le mouvement ouvrier et les organisations ouvrières. C’est par de tels liens que les étudiants peuvent être gagnés à la cause de la classe ouvrière, que leur enthousiasme et leur idéalisme peut aider les travailleurs à résister aux dirigeants bureaucratiques et aux conservateurs. Les étudiants doivent utiliser les tactiques de la lutte de classe — grèves et occupations — pour que leurs revendications soient satisfaites. Ils doivent lutter pour le contrôle des syndicats étudiants par la base, contre le contrôle et l’ingérence de l’Etat. Il existe dans certains pays, une couche de bureaucrates estudiantins qui propagent la même idéologie et utilisent les mêmes méthodes que la bureaucratie syndicale, même s’ils ne font pas partie de cette dernière. Il faut contester l’appui de ces dirigeants et il faut que les organisations estudiantines soutiennent directement les luttes ouvrières.

La jeunesse au chômage doit lutter pour bénéficier de bonnes formations rémunérées, et de l’échelle mobile des heures de travail afin de partager, sous contrôle ouvrier, le travail disponible. Pour les jeunes au chômage, des indemnisations suffisantes doivent être fournies dès la fin de leur scolarisation, pour qu’ils ne dépendent pas économiquement de leur famille.

Au sein de la famille, les parents, même s’ils ont des idées progressistes, sont immédiatement responsables de la mise en place de l’oppression qui s’exerce contre les enfants. Souvent même, les parents oppriment leurs enfants de façon brutale, répondant à la désobéissance par la violence et l’abus.

Que ce soit dans la famille ou à l’extérieur, les jeunes doivent jouir des mêmes droits civiques et politiques que leurs parents afin de briser la domination et le pouvoir que ces derniers exercent sur eux. Les restrictions sociales oppressives imposées par la famille — souvent liées à la religion — sont insupportables pour beaucoup de jeunes. Parce que la famille empêche les jeunes d’avoir leurs propres activités sociales et sexuelles, il faut créer des centres sociaux qui leur permettront de poursuivre leurs activités librement.

L’information sur la sexualité, l’avortement et la contraception doivent être disponibles dans ces centres. Les lois sur la majorité sexuelle ne font rien pour protéger les jeunes de l’abus sexuel dans la famille ; elle font tout au contraire, pour punir les rapports sexuels consentants entre les individus considérés comme “trop jeunes”. Il faut abolir la majorité sexuelle !

Dans le domaine public, la jeunesse doit jouir de tous les droits civiques et politiques. Si les jeunes sont assez mûrs pour combattre dans l’armée du patronat afin de défendre le système d’exploitation, ils sont assez mûrs pour prendre des décisions responsables en temps de paix. Le droit de vote doit être légalement fixé à un âge minimum. Cet âge ne doit pas dépasser 16 ans, âge maximum, et doit être fixé par chaque mouvement ouvrier national. A cet âge, les jeunes doivent décider en matière civile et financière.

La jeunesse — en particulier les garçons — sont la chair à canon des armées bourgeoises. Que ce soit au service de l’impérialisme américain au Viêt-nam, ou à la poursuite d’une guerre de diversion en Iran, des centaines de milliers de jeunes des deux sexes, ont été cyniquement sacrifiés par la réaction. Il faut éduquer les jeunes dans l’esprit de l’anti-impérialisme et de l’antimilitarisme prolétariens : le pacifisme engourdit l’esprit et ouvre la voie au massacre futur. La jeunesse doit apprendre les techniques militaires sous les conseils du mouvement ouvrier. Elle sera au coeur des groupes qui défendent les piquets de grève, et de la future milice ouvrière.

En temps de crise et de lutte des classes aiguë, les jeunes chômeurs qui n’ont pas d’expérience de la production et de la solidarité peuvent être mobilisés par des gangs fascistes, pour briser des grèves par exemple. Contre de tels dangers, la classe ouvrière organisée doit syndiquer les jeunes. Ils doivent pouvoir bénéficier de cotisations syndicales réduites et de tous les droits syndicaux. Ils doivent exiger la création de sections pour les jeunes au sein des syndicats, pour qu’ils puissent émettre leurs propres revendications, se former et syndiquer d’autres jeunes travailleurs.

Des possibilités énormes existent pour gagner la jeunesse à l’avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière. Naturellement plus concernée par l’avenir que les autres générations, elle peut être rapidement gagnée aux positions révolutionnaires et socialistes. Elle ne connaît pas le conservatisme qui a brisé l’esprit de tant de travailleurs plus âgés. Elle n’a pas non plus été usée par des années de direction réformiste qui ont trahi les luttes.

Il faut donc construire un mouvement révolutionnaire de la jeunesse, comme organisation-clé dans la lutte pour le pouvoir ouvrier et la libération de la jeunesse. Armée du programme révolutionnaire de transition, ce mouvement doit rassembler la jeunesse d’autres classes, notamment de la paysannerie pauvre et de la petite-bourgeoisie urbaine. Il doit être représenté à tous les niveaux du mouvement ouvrier. Ce principe s’applique encore plus dans le parti révolutionnaire, qui doit être un exemple en la matière pour tout le mouvement ouvrier.


Les homosexuel(le)s

L’oppression sexuelle a existé dans toutes les sociétés de classe. L’imposition de la monogamie aux femmes a été intrinsèquement liée à la montée de la propriété privée et des classes sociales. Sous le capitalisme, l’oppression sexuelle générale existe toujours, notamment pour les femmes et les jeunes. Ce système a aussi engendré l’oppression systématique des homosexuel(le)s. La société capitaliste, est malgré ses quelques actes progressistes en période de croissance économique, anti-homosexuelle en soi.

Du fait de l’importance économique et idéologique de la famille pour le capitalisme, tout groupe qui mine la norme monogame et hétérosexuelle de la famille bourgeoise est considéré comme une menace pour la société et est alors stigmatisé. Les homosexuel(le)s représentent une menace au fondement idéologique de la famille et à sa structure, parce qu’ils montrent que l’activité sexuelle n’est ni purement fonctionnelle, liée à la reproduction, ni seulement un moyen de souder le mariage monogame et hétérosexuel, mais peut-être une activité de pur plaisir. Le fait que les rapports homosexuels n’aient rien à voir avec le souci de la reproduction est une menace à la légitimité de la famille bourgeoise.

Les homosexuel(le)s ont été systématiquement dénoncés, abusés et criminalisés sous le capitalisme. Ce qui a conduit des millions d’individus à la misère sexuelle, et créé des divisions malsaines dans la classe ouvrière. Par la manipulation de l’enseignement, des médias, de la religion et du système juridique, la bourgeoisie, et la bureaucratie syndicale, colportent l’idée que l’homosexualité est “contre-nature”.

Durant les années 80, la bourgeoisie des pays impérialistes a utilisé l’épidémie du SIDA pour renforcer la persécution des homosexuels, qui furent condamnés comme des responsables de la maladie. Dans la classe ouvrière, ces positions ont été généralement acceptées, et la peur profonde de l’homosexualité (l’homophobie) est devenue la norme. Souvent, cette homophobie crée la base d’une bigoterie anti-homosexuelle violente dans le prolétariat. Pourtant, la classe ouvrière entière n’a aucun intérêt matériel ou fondamental dans le maintien de l’oppression des homosexuel(le)s, ni dans la perpétuation de la bigoterie anti-homosexuelle.

Les homosexuel(le)s souffrent d’une oppression profonde dans tous les domaines, y compris celui de la justice. Même si cette oppression concerne les homosexuel(le)s de toute classe, c’est encore une fois les homosexuel(le)s de la classe ouvrière qui sont les plus touchés.

L’oppression joue au niveau de l’emploi : les homosexuel(le)s déclarés ont plus de difficultés à trouver du travail. De plus ils sont isolés, méprisés et insultés sur leur lieu de travail et risquent de perdre leur emploi plus facilement que les autres. Enfin, à cause de leur sexualité, ils risquent de perdre leur logement ou la garde de leurs enfants. A la différence des opprimés bourgeois, les homosexuel(le)s de la classe ouvrière sont obligés de travailler pour survivre. C’est pourquoi ils cachent leur sexualité et souffrent des blessures psychologiques que leur cause cette situation.

La classe ouvrière doit combattre pour mettre fin à la discrimination juridique contre les homosexuel(le)s. C’est un droit démocratique fondamental. L’Etat ne devrait avoir aucun droit de s’ingérer dans la sexualité des adultes consentants. L’abolition de la majorité sexuelle est nécessaire pour priver la police et les tribunaux d’une arme qu’ils utilisent pour harceler et malmener les jeunes homosexuel(le)s. Il faut combattre la discrimination dans tous les domaines, notamment ceux du travail, du logement et de la garde des enfants. La classe ouvrière doit lutter pour l’égalité des droits pour des homosexuel(le)s et défendre ceux qui existent déjà. A l’école, l’Etat doit informer les élèves sur la sexualité sans proscrire l’homosexualité, comme il le fait aujourd’hui. La bigoterie religieuse anti-homosexuelle doit être balayée de la salle de classe.

Des millions d’homosexuel(le)s font partie de la classe ouvrière. A cause de leur peur de la persécution ou des représailles, la grande majorité d’entre eux n’avouent pas leur sexualité. Ceux qui l’ont fait en ont souffert. Les organisations ouvrières doivent soutenir le droit de tous les homosexuel(le)s à vivre ouvertement leur sexualité, à résister au harcèlement policier ou fasciste, à défendre leur droit au travail et à un salaire décent. Un respect mutuel pour tous, indifférent à la sexualité de chacun, doit remplacer la bigoterie sexiste et anti-homosexuelle qui existent aujourd’hui dans le mouvement ouvrier mondial.

Les homosexuel(le)s de la classe ouvrière doivent avoir le droit le s’organiser au sein des organisations de la classe ouvrière afin de lutter contre l’homophobie et d’être reconnus socialement et politiquement à égalité avec les autres. Pour avancer la lutte au delà des questions sectorielles ou locales, les homosexuel(le)s doivent être organisés dans des front uniques et des campagnes, qui pourraient former une partie du mouvement prolétarien pour la libération homosexuelle. Les révolutionnaires combattront pour la direction politique au sein de telles organisations pour gagner les homosexuel(le)s au programme de la libération homosexuelle et du socialisme révolutionnaire.

L’oppression systématique des homosexuel(le)s ne finira pas tant que la famille bourgeoise sera promue et défendue comme modèle de vie sociale. C’est pour cela que la lutte qui mettra fin à cette forme d’oppression doit être liée au programme du pouvoir ouvrier. La révolution ouvrière sera capable de libérer les prolétaires homosexuel(le)s des privations matérielles dont ils sont victimes et qui sont le résultat direct de leur oppression et de leur exploitation par le capitalisme. Elle saura aussi mettre fin à la misère sexuelle qui gâche la vie de millions d’êtres humains dans le monde entier.


L’oppression raciale

Les nations modernes ne sont pas construites à partir des soi-disant races. L’oppression raciale est le produit de l’apparition de la nation bourgeoise. Pendant la période mercantiliste du capitalisme précoce et dans certains pays, l’esclavage fut fondamental à l’accumulation du capital. L’extension des empires coloniaux capitalistes impliqua la dénégation systématique des droits de l’homme les plus élémentaires, voire le génocide de certaines populations indigènes. Le racisme a pris sa forme la plus virulente à l’époque impérialiste : catastrophes économiques, révolutions et guerres ont donné naissance à un racisme moderne pseudo-scientifique. Si ce racisme est le fantasme fébrile de la petite bourgeoisie, il est l’instrument qu’utilise sciemment la bourgeoisie impérialiste.

Le problème de “race” à notre époque ne se trouve pas dans les soi-disant différences raciales, mais est crée par le racisme même, qui oppriment les gens appartenant à ces prétendues races. Les victimes de ce racisme systématique sont nombreux. Il y a d’abord les juifs, victimes du génocide pendant la deuxième guerre mondiale, et les noirs d’Afrique, des Antilles, des Etats-Unis et d’Europe. En Afrique du Sud, la majorité noire a depuis longtemps vécu l’oppression brutale de l’apartheid. De plus, le long boom d’après-guerre a poussé des millions de travailleurs des semi-colonies à émigrer vers les métropoles impérialistes, voire d’une semi-colonie à une autre, et des pays impérialistes moins développés vers les pays les plus riches. Ces travailleurs immigrés et migrants sont aussi opprimés par le racisme.

Les victimes de l’oppression raciale ne bénéficient d’aucun droits démocratiques. Le racisme policier et étatique les écrasent, encourageant ainsi des attaques violentes de la part des racistes — individuels et gangs — et des fascistes organisés. Les victimes du racisme souffrent de la discrimination dans le domaine de l’éducation et de l’assistance sociale et sont surexploités dans leur travail. Lors des périodes de récession capitaliste, ce sont les minorités raciales qui souffrent le plus du chômage et des bas salaires.

Pour les masses travailleuses victimes du racisme, le capitalisme ne peut apporter aucune solution à leur oppression. La tendance capitaliste d’intégrer et de stratifier les communautés immigrées profite toujours aux couches petites-bourgeoises et bourgeoises, au frais des masses pauvres. Cette tendance régresse même régulièrement lorsque le capitalisme utilise le racisme vulgaire et le chauvinisme pendant ses périodes de crise. Le massacre de plus de six millions de juifs sous Hitler prouve le potentiel barbare de l’époque. Résultat du capital financier désespéré et des zig-zags de la politique et de l’économie impérialiste qui en découlent, les opprimés, peu importe les réformes pour améliorer leur situation, se trouveront toujours devant la menace de la “solution finale”, le génocide.

Les communistes révolutionnaires font de l’agitation et de la propagande au sein des communautés opprimées pour la séparation la plus stricte des intérêts des travailleurs de ceux de la bourgeoisie, de la petite-bourgeoisie et des organisations confessionnelles. Ainsi, le parti révolutionnaire peut créer des formes spéciales d’organisation, mais il s’oppose à la création d’un parti séparé pour tout groupe racial, peu importe le contenu ultra-radical donné à une telle proposition. Le séparatisme, le nationalisme et toute forme d’idéologie petite-bourgeoise mènent à une impasse, si l’on suit la voie de la lutte contre l’oppression et la surexploitation.

On a pu mesurer le potentiel révolutionnaire existant vis-à-vis de l’oppression raciale à travers les luttes menées par les noirs aux Etats-Unis. Pendant le long boom d’après-guerre, ceux-ci ont vécu sous une constitution “démocratique”, et l’abolition de l’esclavage datait déjà de plus d’un siècle. Mais les noirs furent privés de leurs droits politiques de façon flagrante, même pendant l’âge d’or d’après-guerre. Ils furent surexploités et subirent dans les Etats du sud une forme d’apartheid. Commençant avec des protestations passives, dirigées par des prêtres noirs et par l’intelligentsia, la résistance noire est alors devenue une révolte de masse, se manifestant par des confrontations armées avec la police et la garde nationale.

Toutefois ce mouvement fut confronté à une énorme crise de direction. En effet, la petite-bourgeoisie conciliante était prête à freiner la révolte de masse pour gagner quelques réformes, accéder aux conseils municipaux et aux gouvernements des Etats. L’opposition radicale à cette trahison — les Panthères Noires, Malcolm X — incapable de rompre complètement avec le séparatisme et la politique de guérilla, isolée de la masse des travailleurs blancs et des communautés noires, fut écrasée par l’Etat américain.

Après avoir vaincu cette résistance, l’impérialisme américain incorpora une bourgeoisie noire et une caste de politiciens professionnels au gouvernement, laissant les noirs pourrir dans les zones urbaines les plus pauvres des Etats-Unis.

Seul le renversement de l’impérialisme, la libération des forces productives des entraves du capitalisme national, peut, à tout moment, détruire les racines matérielles de l’oppression raciale. La lutte contre le racisme doit faire partie intégrante du programme et de l’activité du parti révolutionnaire. La discrimination dans les domaines de l’éducation, des salaires, de l’emploi et des conditions de travail sont l’objet des luttes quotidiennes des victimes du racisme sur lesquelles doit se concentrer le programme d’action transitoire. Parmi les hommes, femmes et jeunes opprimés par le racisme, le parti peut et doit trouver des milliers de combattants courageux à rassembler autour de ce programme.

Dirigés par des collaborateurs de classe ou par des chauvins sociaux, les mouvements ouvriers officiels des métropoles impérialistes reflètent le racisme et le chauvinisme de la classe dirigeante et sont souvent les instruments de leur expression. Mais il n’y a aucune autre voie dans la libération des opprimés que par le combat pour gagner la majorité de la classe ouvrière à l’action unie contre le racisme.

Au sein du mouvement ouvrier, les communistes révolutionnaires luttent pour l’action unie contre toute attaque raciste et pour des groupes de défense ouvrière contre des attaques racistes ou fascistes. Nous combattons pour que l’intégrité des droits civiques et démocratiques soit accordée aux minorités raciales et nationales et aux travailleurs migrants et immigrés. Nous luttons pour l’abolition des contrôles sur l’immigration dans les pays impérialistes.

Nous sommes contre la colonisation dans les pays semi-coloniaux, et nous soutenons l’instauration de mesures de limitations sur la citoyenneté comme une durée d’habitation nécessaire pour les colons impérialistes. Nous sommes contre une nouvelle vague de colonisation par les capitalistes ou les fermiers riches. C’est la seule exception que nous faisons à notre opposition généralisée aux contrôles sur l’immigration dans les pays semi-coloniaux.

Il est scandaleux de suggérer que les victimes du racisme devraient rester passifs ou assumer le racisme jusqu’à ce que la masse des travailleurs blancs et leurs organisations auront été gagnés à une perspective anti-raciste. Nous exigeons que le mouvement ouvrier soutienne l’autodéfense contre les attaques racistes. Pour aider ses victimes à s’organiser contre le racisme au sein du mouvement ouvrier, et à participer pleinement aux luttes de la classe ouvrière toute entière, nous sommes pour le droit des opprimés à s’organiser, et à être représentés à tous les niveaux du mouvement ouvrier, y compris au sein du parti révolutionnaire.

Quoique qu’elles soient l’objet de la souffrance et de l’oppression, la lutte des classes et le système entier des revendications transitoires ne sont pas suspendus dans les communautés opprimées. Bien qu’il soit possible de mettre en place des accords tactiques limités avec des organisations non-prolétariennes dans ces communautés, ceux-ci doivent être basés sur l’action unie et la stricte séparation des programmes. La classe ouvrière des communautés opprimées doit être à tout moment mobilisée contre ses propres exploiteurs, peu importe leur race, pour la libération des femmes, des jeunes et des homosexuel(le)s.




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