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11 avril 2002
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1989 : La crise révolutionnaire en Allemagne de lEst
(Résolution de la LICR, 21.11.89)
Le morcellement de lAllemagne était le reflet des rapports de force entre lUnion soviétique et les puissances impérialistes à lissue de la deuxième guerre mondiale. Le projet soviétique était de créer une série dEtats capitalistes neutres jouant le rôle de tampon entre lURSS et les nations impérialistes dEurope occidentale.
Le caractère utopique de ce projet fut bientôt démontré lorsque les Etats-Unis tentèrent de renouer des liens avec le capital national dEurope de lEst à travers le Plan Marshall. Afin de faire définitivement échouer cette tentative impérialiste, qui aurait conduit dans un délai assez bref au renversement des régimes soutenus par la bureaucratie soviétique, il y a eu expropriation du capital national.
Cette expropriation fut menée à bien par une série de gouvernements ouvriers bureaucratiques. En Allemagne de lEst, le SED, parti stalinien, a dirigé cette expropriation, après sêtre préalablement assuré de la destruction de tout semblant dorganisation ouvrière authentiquement indépendante.
Les nouveaux rapports de propriété établis par la bureaucratie soviétique représentent une forme de planification bureaucratique. Ce terme résume une économie caractérisée par la propriété étatique dans le domaine de lindustrie, de la banque, des communications et de la distribution.
Léconomie est dirigée selon un plan centralisé, géré par la bureaucratie et protégé du marché mondial par le monopole dEtat dans le domaine du commerce extérieur.
LEtat créé dans la zone soviétique a été calqué sur lURSS même; à savoir, une dictature militaro-policière, avec en façade les signes extérieurs du parlementarisme bourgeois.
Cet Etat prend une forme bourgeoise dans la mesure où il représente un appareil bureaucratique qui reste au-dessus des travailleurs et les opprimés.
Il fait contraste avec le semi-Etat soviétique envisagé par Lénine et partiellement réalisé pendant les premières années de la République soviétique. En même temps, il défend non pas la propriété capitaliste mais socialisée.
Le pouvoir politique est concentré dans les mains dune bureaucratie toute-puissante, qui barre la route à la révolution prolétarienne internationale, qui peut seule conduire à la construction du socialisme.
Ces bureaucrates empêchent donc la planification consciente de la production par les travailleurs eux-mêmes, la suppression graduelle des inégalités et la disparition de lEtat.
La seule définition qui correspond à ce type dEtat est celle que Léon Trotsky a donnée de lEtat de Staline en 1936 : un Etat ouvrier dégénéré.
La création dune série de nouveaux Etats ouvriers après la guerre ne représentait aucunement une attaque révolutionnaire contre limpérialisme mais plutôt, pour lURSS, un moyen de réaliser la coexistence pacifique avec limpérialisme.
La création de la RDA comme Etat ouvrier dégénéré sest faite contre la conscience de la classe ouvrière et contre le rythme de la lutte des classes en Allemagne. Cest cela qui explique que la légitimité de cet Etat ait été sans cesse remise en cause.
Déjà, lors du soulèvement de 1953, les travailleurs avaient exigé des élections dans lAllemagne toute entière et le renversement des régimes imposés aux deux Allemagnes.
Les origines de la RDA ont fait de ce pays le symbole et le baromètre des rapports entre les grandes puissances. Sa déstabilisation actuelle, qui va en saccélérant, est essentiellement une conséquence de lévolution qualitative des rapports entre limpérialisme et lURSS à léchelle mondiale et de la situation dans le camp impérialiste.
Cette évolution sexplique par deux facteurs. Dune part, le stalinisme en URSS est confronté à une énorme faillite politique et économique qui le pousse à désserrer son étau sur ses satellites en Europe de lEst. Dautre part, il y a un affaiblissement de lhégémonie nord-américaine au sein du camp impérialiste au profit de ses concurrents, notamment de la RFA au sein de lEurope.
Ces deux processus ont un impact particulièrement important sur la RDA. Le rôle joué par la RFA en Europe lui a valu, après la signature du Traité de Rome en 1956, des dérogations concernant son commerce avec la RDA. Pendant la période de reconstruction et avant lédification du Mur en 1961, la RFA avait beaucoup compté sur la main-duvre en provenance de la RDA.
Ensuite, sous différents gouvernements dirigés par le SDP, la RFA a adopté une Ostpolitik qui a été bénéfique à la fois à sa propre économie et à celle de la RDA. Cette dernière est devenue un point de passage obligé pour des produits impérialistes en transit vers les autres pays du Comécon.
Si cet arrangement a permis à léconomie est-allemande daller de lavant et de se développer plus rapidement que celle des autres Etats ouvriers dégénérés en Europe de lEst, la proximité des deux pays et leurs affinités nationales et culturelles manifestes ont nécessité le maintien dun régime militaro-policier particulièrement oppressif. Voilà ce qui a valu au SED la réputation de parti stalinien dur.
Même avant la création de la RDA en 1949, le SPD en zone soviétique avait été obligé de fusionner avec un KPD servilement pro-Moscou afin de former le SED. En même temps, les autres organisations ouvrières ont été supprimées et transformées en organisations sociales sous contrôle stalinien.
Bien quune partie importante des militants du KPD et du SPD dans la zone soviétique aient voulu la création dun parti unifié, la fondation du SED ne signifie pas que la majorité de la classe ouvrière a quitté le SPD pour rejoindre le KPD. Ladministration soviétique et le KPD ont eu recours à la violence pour maintenir leur domination.
Les méthodes utilisées sont diamétralement opposées à celles dun authentique parti communiste. Un parti communiste révolutionnaire aurait cherché à établir son hégémonie au sein de la classe ouvrière à travers son intervention dans les luttes de la classe ouvrière et le développement dune conscience de classe révolutionnaire.
Cest ainsi quil peut permettre aux militants de base dun parti réformiste de rompre avec leurs dirigeants.
Le Mur de Berlin était lexemple le plus frappant de la mentalité stalinienne des dirigeants du SED et de la nature politiquement contradictoire de la bureaucratie. On la construit pour empêcher la fuite dune main-duvre qualifiée vers lOuest et pour renforcer lOstMark.
Ces objectifs étaient en eux-mêmes parfaitement légitimes du point de vue de la défense des rapports de propriété post-capitalistes. Cependant, un Etat ouvrier sain aurait tenté de réaliser ces objectifs sur la base de la loyauté consciente de la classe ouvrière envers son Etat.
Le Mur représente une solution bureaucratique classique à la menace que représente le capitalisme ouest-allemand pour les fondements mêmes de léconomie de la RDA. Le Mur représentait à la fois une défense partielle de la propriété post-capitaliste et une manifestation du caractère carcéral de la RDA stalinienne.
Toujours méprisants par rapport à la classe ouvrière, les staliniens ont crû pouvoir compenser cette situation par la supériorité relative du niveau de vie et des services sociaux en RDA par rapport aux autres Etats ouvriers dégénérés.
Malgré la réputation du SED de suivre une ligne dure, ces réalisations furent largement financées par des concessions faites aux capitalistes de RFA moyennant des crédits à long terme.
De plus, les staliniens ont monté une campagne de propagande permanente sur le thème du patriotisme est-allemand afin de renforcer la légitimité de leur Etat. Cependant, en fin de compte, la survie du régime a toujours été dépendante des orientations de la politique étrangère soviétique.
La crise en RDA
Ces facteurs, qui font la spécificité de la RDA, sont en train de se désintégrer sous le regard perplexe des dirigeants du SED.
Entraînée par sa propre crise, la direction gorbatchévienne en URSS fait tout pour encourager ses satellites à jeter au rebut leur système économique, pourtant imposé à lorigine par lURSS, et à développer leurs relations commerciales avec les entreprises des pays impérialistes et, surtout, de la RFA.
La bureaucratie soviétique, persuadée de limpossibilité de trouver une issue sans laide du capital impérialiste, est aujourdhui gênée par la rigidité des régimes quelle avait autrefois instaurés et maintenus par la force de sa puissance militaire.
Le manque dinnovation de léconomie est-allemande représente un obstacle croissant à lentrée de ses produits dans les marchés de la CEE.
Pire encore, lors du quarantième anniversaire de la RDA, Honecker fut informé en des termes on ne peut plus clairs que lURSS ne soutiendra plus le régime tyrannique du SED et de la Stasi, sa police secrète.
Il ne devait pas y avoir de répétition des événements de la place Tien An Men sur lAlexanderplatz.
Lavertissement lancé par Gorbatchev aux dirigeants du SED a sonné le glas du régime de Honecker. Sans le soutien de lURSS, Honecker ne pouvait plus rester au pouvoir et cela fut ressenti par les masses est-allemandes.
Elles sont descendues de plus en plus massivement dans la rue, dabord à Leipzig. Sans le soutien du Kremlin, le SED devait chercher un compromis avec les masses : Honecker fut viré et Krenz a fait son apparition à la tête du parti comme réformateur.
Comme toujours, la direction du SED est incapable de prendre quelquinitiative que ce soit. Obéissant aux ordres, les bureaucrates est-allemands essaient dimiter les tactiques politiques de leurs homologues polonais et hongrois et de se présenter comme étant à lavant-garde du mouvement de réforme et de renouveau.
La classe ouvrière de la RDA ne se laissera pas tromper par les discours vantant les mérites des libertés politiques qui sont tenus aujourdhui par Krenz et autres supporters des bouchers de la place Tien an Men.
Cette bureaucratie, qui sétait préparée à noyer les manifestations de Leipzig dans un bain de sang, négocie avec son groupe de partenaires des partis minoritaires afin de cacher le fait quelle tient toujours les rênes.
Si le mouvement de masse baissait ou si le Kremlin adoptait une nouvelle politique, le SED pourrait chercher à affermir son contrôle. La caste dirigeante sera toujours dangereuse tant quelle contrôlera sa police secrète, ses forces anti-émeutes et son armée.
Le retournement, lent mais inévitable, dans les rapports de force à léchelle internationale constitue la toile de fond de la déstabilisation de la RDA. Cependant, le régime subissait également une pression croissante de la part de ses propres citoyens. Le trucage des élections de mai 89 et, surtout, le soutien accordé par le régime au massacre en Chine au mois de juin, anéantirent tout espoir que le SED désserre son étau.
La conséquence fut une augmentation du nombre de candidats à lémigration, particulièrement à travers la Hongrie qui, à la suite de mesures pro-occidentales prises par ses dirigeants staliniens, avait ouvert sa frontière avec lAutriche. La libre circulation est un droit élémentaire de la classe ouvrière, mais lémigration ne pourra jamais être une solution pour la grande majorité des travailleurs en RDA.
Cependant, la vague démigrants est devenue un véritable raz de marée après la décision hongroise de céder devant la RFA et de permettre aux citoyens de la RDA de passer en Autriche.
Cela a eu pour effet dencourager ceux qui préféraient rester pour lutter. Face à cette situation et sans le soutien du Kremlin, le régime du SED a connu une crise importante et a sacrifié la moitié de ses dirigeants pour tenter de regagner une marge de crédibilité.
Refaire la carte de lEurope
Depuis lors, la déstabilisation et la situation de crise en RDA ont réagi sur les rapports de force à léchelle mondiale, accélérant des tendances à peine cachées. Le succès obtenu cet été par rapport à la Hongrie a manifestement surpris le gouvernement ouest-allemand du Chancelier Kohl, qui a subitement compris que sa puissance économique lui confère une influence politique considérable.
Pour la première fois depuis la guerre, la RFA, ou plutôt la fraction dominante de sa bourgeoisie, a fait savoir quelle avait ses propres échéances pour les années 90. Pour la première fois, bien que brièvement, le masque pan-européen a glissé et la bourgeoisie allemande a commencé à chanter son propre hymne national : Deutschland Uber Alles!
Cela dit, la RFA adoptera une démarche plus prudente et la réunification formelle devra probablement attendre la restauration du capitalisme en RDA, et en Europe de lEst, sous lhégémonie économique de la RFA.
A cette fin, la bourgeoisie ouest-allemande offrira ses capitaux à condition que les principaux obstacles au développement du capitalisme soient écartés; à savoir, les principaux piliers des rapports de propriété post-capitalistes que sont la nationalisation de lindustrie, la planification et le monopole dEtat du commerce extérieur. Le cadre institutionnel est dune importance tout à fait secondaire.
Néanmoins, même si Bonn continue à présenter sa stratégie comme celle de lintégration européenne, il ne réussira pas à apaiser la méfiance de ses principaux rivaux impérialistes. Chacun de ses rivaux est, avant tout, une classe dirigeante sur son propre terrain national, qui fait ses calculs en fonction de ses propres intérêts nationaux. Ainsi, Mitterrand croit que la force centrifuge créée par lexpansion allemande vers lEst peut être contrée par laugmentation du rythme de lintégration européenne. De cette manière il espère que la France aura, au pire, un rôle de partenaire associé.
En revanche, les Thatchériens, fraction dominante au sein de la bourgeoisie britannique, sont les partisans ardents du maintien du rôle de la City comme lun des principaux centres financiers du monde, du rôle de la Grande-Bretagne comme avant-poste des USA en Europe et de la stratégie qui consiste à jouer la carte de la désunion en Europe. Ils veulent maintenir la division de lAllemagne et insistent sur la menace perpétuelle que représenteraient les pays du pacte de Varsovie.
Même au Kremlin il sagit de reconsidérer la carte politique de lEurope. La réunion des pays du pacte de Varsovie du 25 octobre sest exprimée en faveur du droit des nations dEurope de lEst dadopter le système social de leur choix, y compris le capitalisme. Cest la tactique qua décidé la direction soviétique pour jeter les nouvelles bases de la coexistence pacifique à la lumière de sa propre crise politique et économique.
En effet, la direction stalinienne en URSS revient aux projets de Staline après la guerre, cest à dire la création de pays neutres en Europe centrale. Pour le moment, le Kremlin exclut la possibilité de retracer les frontières, cest à dire la réunification de lAllemagne. Cependant, il se peut que les dirigeants de lURSS changent davis en échange de la garantie quune Allemagne unifiée capitaliste quitterait lOTAN ou que les alliances militaires seraient dissoutes ou réduites.
Bien sûr, une Allemagne unifiée serait un Etat impérialiste et ne serait pas plus neutre que lAutriche. Cependant, le Kremlin espère quune Allemagne unifiée et neutre pourra conférer une certaine stabilité à lEurope centrale et fournir les grandes quantités de capital dont a si terriblement besoin léconomie de lURSS.
Cette déstabilisation, sur fond de désunion et de désarroi chez les ennemis de la classe ouvrière, quils soient impérialistes ou staliniens, ouvre toute une gamme de possibilités, auparavant inimaginables, pour le mouvement révolutionnaire.
Pour exploiter aux mieux ces possibilités, il faudra développer de manière cohérente et attentive un programme qui relie la défense des éléments anti-capitalistes du système économique des Etats ouvriers dégénérés (la propriété étatisée, la planification, le monopole du commerce extérieur) à la mobilisation ouvrière en vue dimposer le contrôle ouvrier et la démocratie ouvrière.
Pour les communistes révolutionnaires, il sagit également de démasquer les projets des impérialistes et des staliniens et dy opposer la voie révolutionnaire vers les Etats unis socialistes dEurope.
Les tâches des révolutionnaires
La crise politique que connaît actuellement la RDA nest pas la simple conséquence dune stagnation économique croissante. Elle sexplique également par le passé et par la position uniques de ce pays.
Le mouvement dopposition sest construit dans la résistance à la répression politique. Incapable de sorganiser ouvertement en partis politiques, lopposition a bénéficié des droits accordés par les staliniens durs à lEglise.
Il va de soi que le SED sest servi de lEglise comme dun fournisseur dopium aux masses qui vivent dans le monde sans âme quest la RDA, et même comme dune force agissant en faveur de lordre public et de lobéissance. En même temps, les Eglises offraient aux oppositionnels des locaux pour se regrouper en période de crise.
Par conséquent, les Eglises jouissent dune influence considérable au sein des cercles doppositionnels, et cela dautant plus quelles ont longtemps conservé leur caractère panallemand (lEglise évangélique jusquen 1979 et lEglise catholique jusquaujourdhui).
Lopposition a su obtenir le droit de sorganiser publiquement. Au fur et à mesure, elle se différenciera en organisations politiques plus ou moins distinctes. Ce processus ne vient que de commencer. Le courant le plus visible, le Nouveau Forum, comprend toute une gamme dopinions, allant de membres du SED jusquaux défenseurs du marché libre.
Cette organisation est favorable au dialogue avec le régime du SED et, tout comme lEglise, préférerait que les manifestations de masse se calment afin de permettre des négociations.
Elle a donc un caractère front-populiste et pourrait permettre à certains partisans du capitalisme au sein de la direction du SED de se faire reconnaître une certaine légitimité et même dimposer une coalition afin de démanteler les obstacles à la restauration du capitalisme.
Cependant, il existe également en RDA des forces qui veulent que la crise soit résolue dans un sens favorable à la classe ouvrière : elles sopposent au régime, tout en voulant défendre et utiliser les fondements économiques post-capitalistes. Elles connaissent parfaitement la réalité du capitalisme : lexistence dune aristocratie ouvrière, mais aussi le chômage, le démantèlement des services sociaux, et les tentatives de corruption des citoyens dAllemagne de lEst à coups de billets de 100 deutschemarks. Elles savent que les richesses spectaculaires de la RFA proviennent de lexploitation des travailleurs immigrés turcs et yougoslaves, des semi-colonies dAmérique-latine, ainsi que de la classe ouvrière de la RFA.
A titre dexemple, citons lAppel de Boehlen, lancé par la Gauche unie avant la chute de Honecker, qui avance une plate-forme incluant la défense des rapports de propriété post-capitalistes comme fondement dun « socialisme démocratique.
A ce jour, la stratégie de ces groupes semble être de formuler des initiatives réformistes, fondées sur le concept dune auto-administration à tous les niveaux de la société y compris des organisations ouvrières dans les usines.
Il faut effectivement rejeter la dictature bureaucratique et se donner les moyens de contrôler et de développer léconomie dans lintérêt de la grande masse. Il est important que cela soit reconnu comme un élément indispensable de toute solution ouvrière à la crise en RDA.
Cependant, il est terriblement dangereux de croire quune telle solution puisse être imposée à travers des réformes comprises dans des projets constitutionnels, même bien-intentionnés. De même, il serait naïf dadopter des projets autogestionnaires indépendamment de la lutte pour conserver un mécanisme de planification centralisée.
De tels projets ont une logique qui mène non pas vers le contrôle ouvrier mais vers la rentabilité de lentreprise. Si les partisans du marché lemportent au sein de lopposition, la classe ouvrière aura à se défendre contre les conséquences de lintroduction des réformes du marché : des coupes budgétaires dans les services sociaux et la fermeture dusines non rentables.
Si les défenseurs de lancien régime lemportent au sein du parti, eux aussi chercheront à résoudre la crise au dépens du niveau de vie et des nouveaux droits politiques des travailleurs. Voilà la leçon quil faut tirer des expériences de gouvernement des réformateurs en Pologne et en Hongrie, comme des partisans de la ligne dure en Chine.
Le combat pour vaincre la bureaucratie est une lutte politique pour le pouvoir dEtat. Les organes du futur Etat ouvrier révolutionnaire seront dabord construits comme des organes de lutte contre les projets de la bureaucratie.
En RDA et dans les autres Etats ouvriers dégénérés, cela ne nécessitera pas le renversement du pouvoir dEtat de la bourgeoisie, mais il sagit néanmoins dune lutte révolutionnaire pour détruire lappareil répressif de lEtat actuel.
La lutte pour la Révolution politique (et non pas la Révolution sociale nécessaire contre le capitalisme) nécessite la construction de forces capables de vaincre lEtat : un parti communiste révolutionnaire et des conseils ouvriers.
Les révolutionnaires doivent saisir chaque occasion qui se présente pour relier les revendications spontanées en faveur de la démocratie et des libertés au programme de la Révolution politique.
Là où nous le pouvons, nous nopposons pas nos revendications à celles qui sont soulevées spontanément; au contraire, nous cherchons à utiliser toute variante possible de la tactique du front unique afin de faire lexpérience de la lutte avec les masses, tout en clarifiant à chaque occasion le contenu de classe des différents mots dordre et programmes. Actuellement, la tâche la plus urgente est de lutter pour une organisation et une politique ouvrières indépendantes.
Les événements en Chine prouvent que, seules, les mobilisations de masse et autres manifestations du pouvoir populaire ne suffisent pas pour renverser les bastions de la dictature stalinienne.
En effet, les manifestations de masse sont au cur de la perspective du Nouveau Forum. Nous opposons à cette perspective la construction de conseils dusine de délégués élus et révocables, ainsi que de syndicats autonomes. Nous opposons aux négociations la perspective de développer les mobilisations de masse en manifestations ouvertement et consciemment ouvrières, impulsées par lagitation et lorganisation dans les usines.
Les grèves, les occupations et les manifestations ouvrières ouvrent la voie à lorganisation de la classe ouvrière pour la destruction du régime bureaucratique ainsi que pour imposer les réformes et les concessions rendues nécessaires tant que les bureaucrates resteront au pouvoir. Nous soutenons les revendications qui visent la liberté de créer des organisations politiques contre le monopole du parti.
A ceux qui croient quil est désormais possible de transformer le Parti et les syndicats dEtat, nous disons que cela est organisationnellement et politiquement impossible.
Cependant, si nous ne réussissons pas à les convaincre, nous les encourageons à mettre leurs dirigeants à lépreuve en exigeant la démocratie interne à tous les niveaux de ces organisations, ainsi que louverture des archives pour que les représentants des travailleurs puissent révéler la manière dont le parti est contrôlé par les dirigeants de lURSS, sa collaboration avec la répression de la classe ouvrière, sa collaboration avec la RFA et tous les autres crimes commis contre la classe ouvrière.
Les organisations ouvrières authentiquement démocratiques ne seront pas construites comme un simple système dadministration de rechange. Dès aujourdhui il faut imposer le contrôle ouvrier sur les lieux de travail à travers des comités et des conseils dusine, élus et révocables par les assemblées générales des travailleurs.
Il ne sagit pas de développer la cogestion mais de nier à la bureaucratie le droit de gérer. Il sagit de faire les premiers pas vers le pouvoir ouvrier dans la société et le contrôle ouvrier sur léconomie. Dans cette lutte, il sera indispensable de revendiquer louverture des livres de comptes de la direction, des ministères de la planification, des syndicats dEtat et du parti.
Il ne peut y avoir de doute sur ce qui sera découvert : une économie minée par la crise, le chaos, la dette et la corruption. Les travailleurs révolutionnaires sen serviront, non pas pour permettre à la bureaucratie de réimposer sa stabilité, mais pour démontrer encore plus amplement la nécessité de renverser le régime tout entier.
De même, louverture des livres de compte soulignera le caractère utopique de solutions locales (lautogestion ou lautonomie des entreprises), si souvent avancées dans les autres Etats ouvriers dégénérés.
Il faudra étendre le contrôle ouvrier au-delà de lusine vers les fournisseurs et les clients, aux ministères de la planification et au réseau de distribution.
Les travailleurs doivent révéler la vérité eux-mêmes à tous les niveaux et imposer leur propre système de surveillance. A travers leurs organes, les travailleurs doivent lutter pour la révision totale du plan dans lintérêt de la classe ouvrière toute entière.
Les travailleurs doivent agir ensemble pour fixer de nouveaux objectifs pour le plan afin de satisfaire les besoins les plus urgents des masses, de maintenir et étendre légalité sociale, de balayer les privilèges. Aucun fonctionnaire dEtat ne devra gagner plus que le salaire moyen de louvrier dentreprise. La créativité et le savoir-faire de la classe ouvrière dans le domaine de la production et de la distribution doivent remplacer les diktats des bureaucrates.
Les travailleurs de la RDA devront rejeter le commandement bureaucratique de léconomie et le remplacer non pas par lanarchie et linégalité du marché mais par la planification démocratique et centralisée.
Les organisations ouvrières dans les usines et les quartiers ouvriers doivent élire des délégués révocables à des conseils ouvriers au niveau local, régional et national. Lobjectif de la lutte doit être clairement fixé : un gouvernement responsable devant les conseils ouvriers, un gouvernement ouvrier révolutionnaire.
Un tel mouvement, sattaquant directement au pouvoir et aux privilèges bureaucratiques, ne sera jamais toléré par le régime. Les bureaucrates tenteront de le supprimer ou de lintégrer, tout comme la bourgeoisie avait supprimé et intégré les conseils ouvriers au début de la République de Weimar.
Pour les en empêcher, il faut une direction politique qui noublie pas son objectif : la prise du pouvoir dEtat par les conseils ouvriers.
Dailleurs, cette direction politique préparera les organisations ouvrières à sopposer à la suppression de leurs organes. Une telle direction sera le produit de la lutte. Nous rejetons catégoriquement lidée quun parti quelconque devrait avoir un rôle de direction garanti par la constitution.
Au contraire, un nouveau parti révolutionnaire (trotskyste) cherchera à convaincre politiquement lavant-garde en RDA et à gagner et conserver la fidélité de la classe ouvrière révolutionnaire. Ce faisant, un tel parti sauvera le concept et la pratique du centralisme-démocratique authentique : le véritable débat, le droit aux tendances de sorganiser, dans une unité daction disciplinée, contre lennemi bureaucratique et impérialiste.
Ce nouveau parti sera construit par ceux qui auront su se montrer, dans la lutte, les défenseurs les plus déterminés du pouvoir ouvrier et les stratèges les plus perspicaces et les plus capables.
La démocratie ouvrière, seul cadre au sein duquel les différentes stratégies et tactiques pourront être mises à lépreuve devant la classe ouvrière, est donc une nécessité absolue. Au sein du mouvement ouvrier, nous sommes pour la liberté de débat et la reconnaissance des décisions majoritaires.
Cependant, nous disons que les organisations ouvrières doivent nier la liberté dexpression aux organisations fascistes et racistes et nous cherchons à convaincre les travailleurs quil faut rejeter le programme de ceux qui, consciemment ou non, soutiennent la restauration du capitalisme.
Lun des éléments les plus essentiels de la démocratie ouvrière est laccès libre pour les travailleurs aux média. Les travailleurs des imprimeries, de la radio et de la télévision, du cinéma et du théâtre doivent se mobiliser pour imposer le contrôle ouvrier sur leurs lieux de travail, tout en exigeant le droit de réponse et le contrôle de la rédaction pour les organisations ouvrières et les partis ouvriers.
Dans les rues de Leipzig et de Berlin, les manifestations ont exigé des élections libres, la liberté de créer des partis politiques et labolition du rôle dirigeant du SED, cest à dire labolition de toute place de droit pour ce parti au sein du gouvernement. La tyrannie, la corruption et les mensonges du système sont si manifestes que, pour les masses, les défauts de la démocratie bourgeoise semblent moins importants en comparaison.
Cependant, ces défauts sont réels : élire tous les quatre ans quelques centaines de députés qui ne sont plus responsables devant leurs électeurs ou contrôlés par eux, accepter lexistence dune bureaucratie dEtat, dune police et dune armée, permanents et non élus.
Un tel système ne pourra jamais être le véhicule dun gouvernement du prolétariat ou de la transition vers une société sans classes et sans Etat.
Seul un système de conseils ouvriers, de délégués élus et révocables, pourra remplir à la fois les fonctions législative et exécutive qui limitent et éliminent graduellement la bureaucratie. Seule une milice ouvrière et populaire et le droit pour tous de prendre les armes pourra empêcher lexpropriation politique et économique des travailleurs par une classe dexploiteurs.
En réalité, les élections parlementaires offrent des ressources illimitées à la fois aux bureaucrates du SED et aux nouveaux partis bourgeois et social-démocrates pour tromper les masses. La bureaucratie essaiera de prolonger son régime et de neutraliser la véritable force de changement révolutionnaire, la mobilisation de masse et laction des travailleurs.
Pour ce faire, la bureaucratie pourra se servir soit délections précipitées avant que ne sinstaure une réelle liberté de la presse, soit délections qui garantissent à lavance des sièges au SED, soit de retards sans fin. La classe ouvrière peut et doit commencer le processus délections libres par elle-même, en élisant ses comités dusine, ses conseils ouvriers de ville. Dans de telles élections, il faut garantir la liberté de créer des partis politiques et la liberté dexpression des programmes afin de permettre aux travailleurs de décider quels partis sont les leurs.
Cependant, si la bureaucratie est obligée dorganiser des élections parlementaires, nous appelons les travailleurs à organiser des assemblées de masse afin de choisir leurs candidats et dentendre les candidats de tous les partis. Les travailleurs doivent exiger des élections annuelles et la révocabilité des députés par les électeurs. Il faut également exiger que tous les candidats promettent de défendre la propriété étatisée et planifiée.
Cest ainsi quil sera possible de démasquer comme fraude le parlementarisme, de minimiser les dangers de ce système et de lutter pour un système basé sur les conseils.
Il faudra prendre des mesures aussi révolutionnaires à tous les niveaux de la société afin de nier à la bureaucratie le contrôle des forces armées, du système déducation et des organisations culturelles et sociales et afin de lutter contre linfluence de son idéologie politique réactionnaire dans ces domaines.
De même, les travailleurs ne peuvent pas se permettre dignorer la présence des troupes du pacte de Varsovie en RDA, de ces mêmes troupes qui furent utilisées pour écraser la grève générale de 1953. Nous exigeons le retrait de ces troupes, tout comme de celles de lOTAN en RFA.
En même temps, il faut lutter contre les sentiments chauvins anti-russes et défendre lURSS à tout moment des intrigues et des interventions des impérialistes. Tout en niant à lURSS le droit de déployer ses troupes en RDA et en exigeant que la RDA rompe avec le pacte de Varsovie, la classe ouvrière révolutionnaire en RDA verra en ces soldats de base des alliés de classe potentiels et non des armées étrangères.
Le contact direct et la fraternisation mineront le rôle répressif que pourront jouer ces soldats. Dans le même temps, cela permettra détendre les idées de la révolution politique à la force la plus importante en Europe, la classe ouvrière de lUnion soviétique. Par ailleurs, nous appelons les travailleurs à briser leurs armées impérialistes, en commençant par exiger le retrait des troupes de lOTAN de la RFA.
La question nationale en RDA
si la division de lAllemagne était réactionnaire, bafouant le droit à lauto-détermination allemande, elle a aussi eu comme conséquence la création dun Etat ouvrier dégénéré dont les fondements constituent à la fois un obstacle à lexploitation capitaliste, la base des avantages économiques et sociaux daujourdhui et le point de départ pour de futures avancées de la classe ouvrière de la RDA.
Cest pourquoi les communistes révolutionnaires doivent sopposer à la réunification de la RFA et de la RDA si cela doit impliquer la destruction des rapports de propriété post-capitalistes en RDA et lexpansion de limpérialisme ouest-allemand.
Dans lensemble, le mouvement de masse en RDA ne soulève pas actuellement la réunification comme question immédiate. Cela peut sexpliquer par une série de facteurs : la force de lidéologie dominante et son affirmation permanente de la légitimité de lEtat, lévaluation de ce que les impérialistes et lURSS pourraient permettre, et, en partie, la reconnaissance du caractère réactionnaire de la RFA.
Néanmoins, il est presque inconcevable que la continuation de la crise politique en RDA ne débouche sur la réunification comme solution possible aux problèmes économiques et à linstabilité politique.
Cest pourquoi la revendication de la réunification de lAllemagne nest pas une question subordonnée ou tactique. Au contraire, elle se trouve au cur du programme révolutionnaire. Cela nimplique pas quune Allemagne réunifiée serait une condition préalable à la victoire de la révolution ouvrière en Europe.
Cependant, la question nationale en RDA, à la différence des autres Etats ouvriers dégénérés en Europe de lEst, prend une importance spécifique. Si des illusions nationalistes occupaient une position importante dans la conscience du prolétariat, il serait dautant plus important de fournir une réponse révolutionnaire à ce problème.
Les révolutionnaires doivent savoir en faire ressortir les éléments progressistes. Ils doivent souligner le fait quil ne peut y avoir de solution au sein de la seule RDA. La RFA possède une énorme puissance économique. Mais la reconstruction et le développement économique des Etats ouvriers dégénérés ne pourra se réaliser à travers la réunification avec la RFA impérialiste.
La prospérité de la RFA nest pas la conséquence dune supposée supériorité du système capitaliste. Depuis la guerre, la bourgeoisie allemande en RFA bénéficie de la présence dun voisin contrôlé par les staliniens. Idéologiquement, cela a permis à la bourgeoisie de lier la classe ouvrière de la RFA au capitalisme démocratique. Economiquement, cela a mis à la disposition des capitalistes une source de main-duvre qualifiée (en quantité impressionnante avant la construction du Mur).
De même, lexistence de la RDA leur a donné accès aux marchés des autres pays dEurope de lEst. Entraînée par les exportations, léconomie de la RFA devra faire face à la perspective dune récession et, donc, dune diminution du volume du commerce extérieur.
La bourgeoisie ouest-allemande reconnaît donc loccasion que représente la crise en RDA et dans les autres Etats ouvriers dégénérés. Cette crise offre la possibilité de maintenir et de développer la production. De plus, elle offre la perspective dun nouveau rôle pour la bourgeoisie allemande au sein de lEurope et dans le cadre de lordre mondial.
Les capitalistes ouest-allemands sont en train de faire leurs calculs. Ils cherchent à savoir comment profiter au maximum de la crise du stalinisme, comment faire baisser les salaires en se servant de la main-duvre réfugiée, où réinstaller les usines, où obtenir des matières premières à moindre coût. Déjà, les patrons de la métallurgie exigent le retour à la semaine de 45 heures, balayée par laction syndicale au milieu des années 80.
Pour sauvegarder ses intérêts, ainsi que ceux des travailleurs de la RDA, la classe ouvrière de la RFA devra sopposer aux projets de sa bourgeoisie. Elle devra apprendre à parler à ses patrons dans le même langage que les travailleurs polonais, russes et est-allemands : celui de la grève de masse et de la manifestation de masse. Elle devra exiger non seulement légalité des salaires et des droits pour tous les travailleurs, mais aussi quon mette fin à loffensive actuelle contre la RDA.
Tant que les rapports de propriété post-capitalistes existeront en RDA, il faudra assurer son droit à lexistence et la RFA devra reconnaître sa légitimité et sa citoyenneté.
Les révolutionnaires en RFA devront également exiger louverture des livres de compte des capitalistes qui ont profité des contacts commerciaux avec les Etats ouvriers dégénérés.
Ils exigeront la création de liens directs entre les militants de base des organisations ouvrières des deux côtés de la frontière et loctroi de crédits gratuits et dune aide importante à la RDA.
Aux projets qui visent à réincorporer la RDA dans la RFA afin de restaurer le capitalisme, nous opposons la potentiel progressiste pour lEurope toute entière de la réunification révolutionnaire de lAllemagne, le renversement de lEtat capitaliste en RFA et des staliniens en RDA.
La lutte contre la social-démocratie
Avant la division de lAllemagne, le SPD était le parti majoritaire de la classe ouvrière allemande, et cela malgré ses trahisons (en réprimant le mouvement ouvrier en 1919, et, avant 1933, en ouvrant la voie à la victoire des Nazis).
Aujourdhui, il est vraisemblable que de nombreux travailleurs en RDA, anciennement lune des régions où le SPD était fort, croiront quun nouveau parti social-démocrate coïncidera avec leurs intérêts.
La perspective dune réunification de lAllemagne sous une direction social-démocrate pourrait paraître plus acceptable, moins réactionnaire, que celle de la subordination à lennemi historique de la classe ouvrière (représenté à Bonn par le CDU, le CSU et le Parti libéral).
Dailleurs, il est certain que des illusions en la possibilité dun avenir social-démocrate, pacifique et prospère, se sont développées en Hongrie et en Pologne.
Ce rêve est utopique, puisque léconomie de ces pays ne pourra pas générer les richesses nécessaires au financement des réformes et des concessions au mouvement ouvrier quexigerait un régime social-démocrate sur le modèle scandinave.
Cependant, cela ne sappliquerait pas forcément à une Allemagne réunifiée. Toutes les structures et les mécanismes dun tel régime existent déjà en RFA et même en RDA. Ce qui manque, cest le fondement économique et financier qui permettrait de maintenir une RFA élargie.
La seule base possible serait la subordination des autres économies à celle de lAllemagne, en réduisant les pays dEurope de lEst à létat de semi-colonies.
La réalisation dune telle perspective serait un désastre pour la classe ouvrière de lEurope toute entière. Cela raviverait le nationalisme partout en Europe et préparerait le terrain pour de nouveaux conflits.
La classe ouvrière allemande devra sopposer à cette stratégie et reprendre le flambeau dun authentique internationalisme en Europe.
Il faut obliger le SPD et la confédération syndicale, le DGB, à révéler les rapports quils entretiennent avec les staliniens et les restaurationnistes en RDA.
Au Portugal au milieu des années 70, le SPD fut le principal bailleur de fonds du Parti socialiste qui a avorté la révolution ouvrière contre la dictature et qui était le principal instrument de la récupération par la bourgeoisie des acquis des grandes luttes de 1974.
Il y a des projets pour renouveler cette tactique en RDA. Encore une fois, le parti de Noske et de Scheidemann se prépare pour faire le sale travail de la bourgeoisie allemande! Sa base ouvrière doit sy opposer et len empêcher!
Il est possible de résumer le contenu progressiste de la réunification : la réunification de la classe ouvrière allemande.
Les révolutionnaires doivent se lancer dans un travail dagitation et dorganisation en vue dimposer le droit des travailleurs de sorganiser à tous les niveaux (à léchelle de lusine, du syndicat et du parti) entre les deux Allemagnes.
Liberté daccès à toutes les régions des deux pays pour les travailleurs des deux Etats! Pour le droit de faire des actions de solidarité avec les travailleurs en lutte de lautre côté de la frontière!
Il faut ouvrir les archives des deux Etats afin de révéler les secrets des services de la sûreté et la complicité des puissances étrangères et des agents du régime nazi dans la construction et la consolidation des deux Etats!
Ouverture des livres de compte des entreprises et des Etats pour révéler le véritable degré de collaboration entre les staliniens et les impérialistes!
Les organisations ouvrières devront établir des contacts directs avec les mouvements ouvriers déjà existants en Europe de lEst. Lexpérience commune et des problèmes communs seront un atout majeur pour le renouveau du mouvement ouvrier international : un mouvement qui ne sera pas divisé et affaibli par létouffante idéologie du nationalisme et de sa forme stalinienne, le socialisme dans un seul pays.
Le Comécon na même pas réussi à intégrer les économies dEurope de lEst au degré atteint par les capitalistes en Europe occidentale.
Cependant, lexistence de liens économiques et la cohérence géographique naturelle de lEurope centrale représentent autant datouts favorisant une division du travail accrue et la relance générale de léconomie.
A bas les projets des staliniens et des impérialistes en vue de restaurer le capitalisme!
Révolution politique dans les Etats ouvriers dégénérés!
Révolution sociale dans les Etats capitalistes!
Pour la formation de conseils ouvriers et dune milice ouvrière à travers lAllemagne toute entière et pour la convocation dun Congrès de conseils ouvriers comme organe du pouvoir dans une nouvelle République ouvrière dAllemagne!
Pour la révision radicale du plan centralisé dans lintérêt des travailleurs!
Pour la Réunification révolutionnaire de lAllemagne!
Pour les Etats unis socialistes dEurope!
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