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24 janvier 2002
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Leur insécurité et la nôtre
Linsécurité est le mot-clé de la campagne présidentielle.
Pour les principaux candidats, qui cherchent à séduire lélectorat, à détourner lattention des électeurs des problèmes sociaux auxquels ils ne comptent apporter aucune solution, la lutte contre la délinquanceest une priorité numéro une.
En fait, pour Jospin et Chirac, ce choix cynique nest rien dautre quun moyen de transformer les jeunes des banlieues en boucs émissaires dune société qui est de plus en plus marquée par linjustice, où les inégalités augmentent chaque jour.
Personne ne peut nier que linsécurité existe. Il y a des flics qui harcèlent les jeunes, des CRS qui attaquent les manifestants, des agents de sécurité qui sèment la peur, des patrons qui en permanence menacent du chômage leurs employés précaires.
Voilà la véritable insécurité, mais Jospin et Chirac nen parlent jamais.
Mais même linsécurité comme on nous parle à la télé, ce nest pas comme on veut nous faire croire. Elle frappe dabord les travailleurs qui habitent dans les cités où le chômage est très élevé et où les emplois précarités à bas salaire sont la règle.
Linsécurité existe aussi à lécole. Mais les écoles ne souffrent pas seulement de la violence. Le manque deffectifs, le manque de moyens, voire le manque de classes, tous ces facteurs créent une situation peu propice à léducation des jeunes dans les quartiers pauvres.
Les jeunes sont marqués par leur situation sociale, cest normal. Pas étonnent alors quil existe un sentiment de désespoir ou de révolte qui va sexprimer par des comportements qualifiés danti-sociaux, surtout quand ils voient les conditions de vie de leurs familles se dégrader de jour en jour. Ils peuvent y voir leur propre avenir. Quel espoir aujourdhui pour les jeunes issus de la classe ouvrière ?
Peut-être aura-t-on la chance de sortir de nos ghettos en jouant le con à la télé comme Loana. Quelques uns peut-être.
Mais pour la plupart dentre nous jouer les cons dans nos quartiers est plus réaliste.
Oui, linsécurité et la délinquance sont des problèmes bien réels. Mais il faut traiter les racines et non les symptômes.
Car sinon ce nest pas seulement inefficace, mais cela se traduit dans le contexte politique actuel par la répression contre les jeunes, et en premier lieu contre les jeunes issus de limmigration.
Jospin et Chirac jouent tous les deux jouent la carte du tout répression plus de pouvoir pour la police, incarcération de mineurs, amendes pour les parents, voire suspension des allocations familiales.
Bref, renforcer les conditions qui encouragent la délinquance laliénation et la pauvreté !
Ce ne sont que des réponses réactionnaires et bourgeoises à la crise qui ne servent quà duper une partie de lélectorat, celui qui est confronté à des problèmes dinsécurité et à faire avaler le battage médiatique aux autres qui voient linsécurité à chaque coin de rue. De telles solutions ont aussi une autre fonction, encore plus sinistre : renforcer les reflexes sécuritaires de lEtat.
Mais la manière la plus efficace dempêcher la violence et la délinquance est doffrir aux jeunes et aux moins jeunes ! une meilleure vie.
Pour cela il faut une politique sociale basée sur les besoins de la communauté et non sur les exigences du marché. Sattaquer aux racines de linsécurité passe par une rupture avec les lois du capitalisme. Cest à nous de limposer.
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